Supersilent / Julien Desprez & Arnaud Rivière

 date du concert

09/11/2016

 salle

Dynamo,
Pantin

 tags

Arnaud Rivière / Arve Henriksen / Dynamo / Supersilent

 liens

Supersilent
Arve Henriksen
Dynamo
Arnaud Rivière

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Dix ans presque jour pour jour après avoir déjà vu Supersilent se produire dans la même Dynamo, nous retournions dans la salle de Pantin pour y apprécier à nouveau le groupe norvégien, dans la foulée de leur récent 13. Initialement prévu mi-novembre 2015, ce concert avait été alors annulé, en raison des tragiques événements que l’on sait, pour être donc reprogrammé fort de cette nouvelle actualité discographique. En ouverture de soirée, un duo fraîchement formé proposa une grosse demie-heure d’expériences sonores.

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Julien Desprez et Arnaud Rivière

Julien Desprez et Arnaud Rivière étaient, en effet, assis tous deux en front de scène, le premier à la guitare et le second derrière ses machines. Frappant son instrument avec le poing pour en faire résonner les cordes, étouffant ses dernières pour uniquement jouer sur l’électricité et les capteurs, Desprez travaillait les différents effets et réverbérations attachés à sa guitare. En parallèle, Rivière produisait triturations et bruitages, nés du frottement ou de la percussion de plaques et disques de métal. Des petits micros grattés contre ces disques, ces disques frictionnés l’un contre l’autre ou les petits capteurs mis dans sa bouche lui permirent de générer poussées et éruptions sonores. Cet ensemble, très fragmenté, semblait vouloir éprouver la résistance du public tandis que les spots blancs clignotants descendants des cintres pouvaient aider à considérer certains passages comme tirant vers le rock, d’autant plus que Julien Desprez grattait frénétiquement sa guitare, avec ses doigts positionnés sur les notes les plus aiguës et l’adjonction d’une grosse distorsion.

À la fin de notre recension de 13, nous soulignions que les expérimentations de Supersilent s’appréciaient certainement davantage sur scène ; au reste, nous avions également le souvenir d’une prestation à Présences Électronique 2011 qui nous avait convaincus, à la différence de celle vue à cette même Dynamo cinq ans auparavant. C’est d’ailleurs dans une configuration similaire à celle de 2011 que le trio se présenta puisqu’Arve Henriksen se situait, avec sa trompette et ses machines, entre ses deux comparses : Ståle Storløkken à sa droite aux claviers et Helge Sten à sa gauche au laptop et séquenceur. Chacun des quatre longs morceaux de leur set fut alors construit de manière assez similaire : Arve Henriksen débutait par des notes de trompette, aérienne et réverbérée, prenant au fur et à mesure de l’ampleur, soutenue par les accords tenus de Ståle Storløkken et les nappes vibrantes d’Helge Sten. Henriksen passait ensuite au clavier-sampleur tandis que Storløkken prenait le relais sur le plan instrumental avec son clavier, mais dans un registre plus morcelé. On pouvait alors friser le psyché puisque ce dernier avait une main sur chacun de ses claviers, prenait un air très inspiré pendant que ses notes s’envolaient et se trouvait, dans le même temps, éclairé par une lumière violette tombant sur lui.

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Supersilent

Capables de passer, dans le même titre, d’une ambiance free-jazz (marqué par la présence, joué par Henriksen, d’un petit hautbois) à quelque chose de quasi-arabisant (avec des vocalises du même musicien), les Norvégiens profitèrent ainsi de la longueur de chaque morceau pour déployer tous leurs talents et toute leur palette. On put même, par endroits, du fait des mouvements de leurs épaules et des balancements de leurs têtes, avoir l’impression d’assister à un set de pure musique électronique, voire à une battle de DJ. S’il était, dans ce contexte, possible de préférer les moments de réelle beauté que constituaient les débuts de titre, les passages plus expérimentaux (quand Henriksen passa, par exemple, un micro autour de sa tête pour crier dedans) ne furent pas sans intérêt.

François Bousquet
le 12/11/2016

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