La Nuit des Taupes

 auteur

Philippe Quesne

 metteur en scène

Philippe Quesne

 date

du 05/11/2016 au 26/11/2016

 salle

Théâtre des Amandiers,
Nanterre

 appréciation
 tags

Philippe Quesne / Théâtre des Amandiers

 liens

Théâtre des Amandiers

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Profitant toujours de sa position privilégiée de directeur du théâtre, c’est à nouveau aux Amandiers que Philippe Quesne présente sa nouvelle création qui, à l’instar de Next Day, vu au même endroit il y a deux ans, déborde de la salle de spectacle. De fait, pendant tout le mois de novembre, une sorte de festival, intitulé Welcome to Caveland ! se tient au Théâtre des Amandiers, avec installations, performances, concerts et spectacles. Pivot de cette manifestation, La Nuit des Taupes reprend le fil des propositions de Philippe Quesne, après l’intermède (réussi) de Next Day dans lequel il faisait intervenir des enfants.

Reprise du fil car on y retrouve des figures quasi-imposées chez le Français : présence de Gaëtan Vourc’h parmi les comédiens, sens du burlesque, trame narrative très réduite, musique jouée live par les participants au spectacle, présence d’artifices, importance de la nature et regard porté sur une petite communauté. Vêtus de costumes, les sept comédiens sont donc grimés en taupes, faisant progressivement leur apparition dans une mini-grotte, faite de murs de contreplaqué vite abattus afin de pouvoir s’ébrouer plus largement sur l’intégralité d’un plateau rapidement rempli par de nombreux objets (mottes de terre géantes en carton-pâte, stalagmites, sacs poubelle faisant office de décor, etc...). L’évolution des animaux s’accompagne alors de ces traditionnels moments burlesques qu’affectionne Philippe Quesne, telle cette tentative de massage cardiaque lorsque l’un d’eux meurt, ce Ne Me Quitte Pas interprété au theremin pour illustrer ce décès ou encore cet accouchement d’une femelle taupe.

Sur le plan plastique, on saluera également certains tableaux particulièrement soignés, à l’image de ce jeu d’ombres chinoises, ainsi qu’un beau travail sur les lumières. En revanche, pendant le spectacle, on se fit la réflexion que la mise en place des situations s’avère vraiment très longue (déplacement de stalagmites au sol, accrochage de blocs de roche dans les cintres, etc...) et que les comédiens ne font pas grand-chose, ensuite, de cette situation une fois installée. Pensant à cela, on se fit la réflexion que, lors de précédentes créations de Quesne, on s’était déjà fait cette même réflexion. Partant, ce qui pouvait alors apparaître comme gentiment maladroit et bricolé devient maintenant systématique et litigieux. Au-delà de cette limite, c’est ce que cette Nuit des Taupes a à nous dire qui est à questionner. Hormis la nécessité du collectif et de faire groupe (pour jouer de la musique, effectuer des rondes lancinantes, se rassembler pour manger ou s’entraider pour un accouchement), on peinait à trouver du sens. Et ce n’est pas la note d’intention, qui en appelle de manière opportuniste (ou inopportune, c’est selon) à la caverne platonicienne, à la Situation Room d’Obama ou à la cave de Ben Laden, qui vola à notre secours ; nous n’étions donc guère plus éclairés... un peu comme les taupes dans leur caverne.

Autres dates :
- du 7 au 10 décembre 2016 : Théâtre Vidy-Lausanne
- 8 et 9 mars 2017 : Filature - Mulhouse
- avril 2017 : Mousonturm - Francfort
- du 22 au 24 mai 2017 : humainTrophumain - Montpellier

François Bousquet
le 17/11/2016

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