Moskus

 date du concert

29/11/2016

 salle

Maison de Norvège,
Paris

 tags

Maison de Norvège / Moskus / Nils Økland

 liens

Moskus

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Afin d’accompagner la parution de leur nouvel album, que ces pages relateront prochainement, les Norvégiens de Moskus étaient invités à se produire à Paris, dans le cadre du festival Jazzycolors, organisé comme chaque automne par le Forum des Instituts Culturels Étrangers. Cette prestation du groupe, signé sur le talentueux label Hubro, s’inscrivait à la fois dans cette manifestation et dans « Automne Nordique », événement qui, pour la quatrième année, voit le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège et la Suède (par l’entremise de leurs ambassades ou Instituts culturels) s’associer pour proposer une saison culturelle dédiée. C’est donc sous cette double labellisation (qui, mécaniquement, draina un public assez nombreux) que la Maison de Norvège (le lieu habituel de rendez-vous des artistes de ce pays) accueillait le trio. Pour l’occasion, et comme sur Ulv Ulv, les trois jeunes gens étaient accompagnés de Nils Økland, placé logiquement, en cette qualité, en front de scène.

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Un peu serrés dans le petit espace qui leur était dévolu, les quatre musiciens livrèrent une grosse heure de set marquée par une alternance fort pertinente entre passages improvisés et moments plus écrits, chacun étant même amené à faire évoluer la pratique de son propre instrument. C’est ainsi que Fredrik Luhr Dietrichson put bloquer un doigt de sa main gauche entre deux cordes de sa contrebasse ou bien frapper ces mêmes cordes avec sa main droite, soit en amont, soit en aval de son chevalet. Pour sa part, Hans Hulbækmo interrompait parfois son jeu de batterie pendant plusieurs dizaines de secondes, pour mieux laisser s’épanouir l’échange entre les trois instruments mélodiques, avant de réattaquer par des coups plus marqués sur sa caisse claire détimbrée.

Assise devant son piano, Anja Lauvdal semblait mener l’ensemble, donnant l’impulsion pour orienter le groupe vers des temps improvisés ou bien pour lancer une phrase plus mélodique. Constamment le sourire aux lèvres, la jeune femme fredonnait par moments, tapait souvent du pied pour battre la mesure et utilisa même un clavier Korg pour faire grésiller les notes graves de son piano à queue. Cet effet se trouvait, en outre, très bien accordé au duo contrebasse/percussions qui dialoguait alors dans des tonalités sans résonance (harmoniques du premier instrument contre kalimba jouée par Hans Hulbækmo).

Passant d’un violon classique à son hardanger fiddle à huit cordes, Nils Økland paraissait à la fois ravi de cette cure de jouvence, induite par la présence des trois jeunes gens, et agissait également telle une figure tutélaire sur laquelle le trio savait pouvoir s’appuyer. Sur les morceaux les plus free, il s’effaça néanmoins (en tout cas dans le début de ceux-ci) pour laisser à Moskus les interventions débridées, frappes sur la table d’harmonie de la contrebasse ou à la mailloche sur ses cordes et jeux fragmentés du piano et de la batterie.

Salués par un public connaisseur, les Norvégiens revinrent pour un rappel, débuté au clavier Korg par Anja Lauvdal, plus apaisé avec des sons presque sifflants ou est-asiatiques, avant d’enchaîner sur des propositions plus enlevées du piano et du hardanger fiddle, comme un résumé de tout le set de ces quatre talentueux musiciens.

François Bousquet
le 01/12/2016

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