Benjamin Finger

Pleasurably Lost

(Eilean Records / Internet)

 date de sortie

04/04/2015

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Néo-Classique

 appréciation

 tags

Ambient / Benjamin Finger / Eilean Records / Expérimental / Néo-Classique

 liens

Benjamin Finger
Eilean Records

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La productivité de Benjamin Finger semble être au plus haut puisque 6 mois seulement séparent cet album de Mood Chaser dont nous parlions il y a quelques mois et 2 autres albums allaient suivre un peu plus tard chez Shimmering Moods Records pour l’un et en co-production chez Blue Tapes et X-Ray Records pour le second. On l’évoquait lors de notre précédente chronique, le travail du Norvégien se fait de plus en plus imprévisible, donc expérimental, notamment en mêlant une multitude d’influences, de styles, dans une musique qui tient finalement tout autant de la composition que du collage sonore. Cet album est aussi l’occasion de retrouver le label français Eilean Records chez qui on est agréablement surpris de voir apparaître l’artiste norvégien.

Dès les premières secondes, on se demande si c’est bien une production de Benjamin Finger : c’est en effet un chant masculin qui ouvre l’album, presque a cappella, aussitôt emporté dans un magma électronique bruitiste. La musique du Norvégien est rendue impalpable de part ses changements intempestifs de direction, passant encore sur ce Diamond Earth du quasi bruitisme à un magnifique duo piano et vocalises flottantes susurrées.
Dans ce genre finalement très abstrait on trouvera plus loin Weepingdictionaryhands qui semble d’abord être tenu par un duo piano/guitare avant que n’apparaissent des percussions improvisées et les errances d’une trompette. Sur Once Upon Her, ce sont les guitares arides qui rendent ce titre un peu difficile d’accès, et ce malgré la douceur d’un chant fragile.

Sur le reste de l’album, on finit toujours par trouver un élément qui sert de fil rouge, bien souvent un piano qui donne à l’album l’impression d’être au croisement du néoclassique et des musiques expérimentales. C’est le cas par exemple sur Lull in the Momentary avec ses errances de piano, ses voix et field recordings en arrière plan, mais aussi sur Optical Senses avec cette fois des boucles de guitare ponctuées de quelques interjections électroniques.
Malgré la construction de ces pièces, il arrive parfois que l’abstraction se fasse plus discrète au profit de l’émotion. On citera ici le chant fragile du très beau Pleasurably Lost qui lorgne vers l’ambient-pop, ou l’ambient électro-acoustique de Edges of Distortion.

On terminera par nos 2 coups de cœur : Phony Disaster of Laziness qui se distingue par une certaine noirceur, ses grincements de cordes et une électronique qui se confond aux instruments acoustiques. Ferdydurke ensuite, certainement le titre le plus électronique, débordant de tournoiements de synthés vintages et explosant dans un long final en puissant accords rythmiques.

Finalement tout est dans le titre : un album très riche, qui sort des sentiers battus, au sein duquel l’auditeur se sentira agréablement perdu.

Fabrice ALLARD
le 23/01/2017

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