Anne-Charlotte Finel : Éclaireur

 date

du 12/01/2017 au 11/03/2017

 salle

Galerie Édouard Manet,
Gennevilliers

 appréciation
 tags

Anne-Charlotte Finel / Galerie Édouard Manet

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Pour être honnêtes, nous n’avions pas souvenir des vidéos d’Anne-Charlotte Finel, pourtant présente au Salon de Montrouge 2016 et que nous avions certainement visualisées alors. En raison d’un nouveau partenariat entre cette institution et la Galerie Édouard-Manet de Gennevilliers, cette dernière accueille la jeune femme en sa qualité de lauréate du Prix du Conseil Départemental des Hauts-de-Seine lors de ce Salon 2016. Cette exposition personnelle est donc l’occasion de s’arrêter plus longuement sur le travail de cette vidéaste, plus facile à appréhender dans des espaces qui lui sont intégralement dévolus que sur un grand plateau aux côtés de dizaines d’autres artistes.

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photogramme extrait de La Crue
(courtesy Galerie Jousse Entreprise)

Au reste, cette facilité d’appréhension est renforcée par la volonté d’Anne-Charlotte Finel d’immerger le visiteur dans ses propositions filmiques (grands écrans, bande-son enveloppante, absence de lumière autre que ceux émanant des vidéos-projecteurs) et la cohérence de son travail est corroborée par un rapport fond-forme particulièrement soigné et pertinent. C’est ainsi que le gros grain des images se trouve relayé par la saturation et l’aspect grésillant de la bande-sonore (œuvre de Luc Kheradmand) ou bien que le contraste des images saisies à l’aube ou au crépuscule permet de les tirer vers le noir-et-blanc, conduisant les vidéos à s’approcher de la gravure ou de l’eau-forte.

Quasi-figés dans leur mouvement, les courts films d’Anne-Charlotte Finel se concentrent souvent sur des masses (nuages, neige, eau qui coule), prises en plan plutôt serré, illustrées par des pistes musicales qui, du fait de la proximité dans l’espace des vidéos, s’agrègent. À nouveau, fond et forme se répondent, comme lorsque la basse définition des images leur donne un aspect un peu irréel, comme si on émergeait à peine d’un mauvais rêve. Ce procédé s’avère toutefois moins probant lorsque, plutôt qu’un ensemble assez indistinct, de véritables sujets ou lieux sont filmés (Ronde de Nuit, ses bâtiments et lieux périurbains captés dans une forme proche de la vidéosurveillance). L’immersion se fait aussi moins forte quand la Française opte, plutôt que pour le 16/9, pour un filmage à la longue-vue (Planétarium). Cependant, la consistance de l’ensemble demeure, marqué par cette plongée dans des lumières bleutées, des granulats visuels et des nappes ondoyantes.

François Bousquet
le 03/02/2017

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