Photophob

And All The Dreams You Don’t Remember

(M-Tronic / La Baleine)

 date de sortie

18/05/2015

 genre

Electronique

 style

Ambient / Dub / Minimal

 appréciation

 tags

Ambient / Dub / M-Tronic / Minimal / Photophob

 liens

Photophob
M-Tronic

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Cela fait très longtemps que l’on n’avait pas parlé du label français M-Tronic, très axé sur un style électro-indus, très calibré, dont on s’est un peu lassé. C’est donc avec curiosité, mais sans grand enthousiasme que l’on aborde cet album. L’autrichien Herwig Holzmann est déjà actif depuis une douzaine d’années, et c’est sur le label Hive Records qu’on le croisait en 2006 avec l’album Still Warm. Il a depuis été publié chez Liridae, donc toujours dans un univers assez proche du label M-Tronic.

La surprise est immédiate puisque l’album s’ouvre avec l’ambient-dub de Half Awake, un genre que l’on a toujours apprécié et que Photophob s’est joliment approprié : rythmique chaloupée, ronde, ponctuée de percussions métalliques et de bleeps mélodiques qui apporte une certaine douceur à l’ensemble. Pour autant, Photophob est loin de se cantonner à ce style et l’album explore diverses variantes de l’ambient avec un juste dosage de l’expérimentation qui rend sa musique à la fois intéressante, touchante et jamais lassante.
Avec One Sample Dub (at 69.8 bpm, A#), on se rapproche du minimalisme, une ambient hypnotique avec un son plutôt riche (nappes, craquements de vinyle) et un jeu de boucles infinies que l’on retrouve un peu, mais de façon moins convaincante sur The Distant Smiles of People on Old Photographs.

L’album dans son ensemble est une curiosité, alignant des titres très différents tout en gardant une certaine cohérence, faisant montre d’une belle maîtrise de la part de l’artiste. L’enchaînement de titres comme Hypnagogia, You Won’t Remember My Touch and You Know It et Preset ’83’ en est un bel exemple : le premier est une petite curiosité d’électro légère ponctuée d’étonnants glissements de basses grinçantes (une sorte de violoncelle de synthèse), le second plus classique est à rapprocher d’une electronica lumineuse (rythmique complexe, mélodie aérienne), tandis que le dernier, avec ses 13mn, tient plus du drone alors qu’il est martelé de coups sourds, entêtants, technoïdes.
C’est peut-être là le point commun à toutes les pièces de cet album : quelle que soit leur durée, elles ont toute un pouvoir de captation, d’envoûtement, jusqu’à ce Untitled Dub (at 101.0 bpm, D#) plein de souffles et crépitements, qui croise tempo dub et percussions tirées du jazz.

Pour conclure, le superbe For Those Who’ve Lost A Loved One en forme d’adieu, lourd, rocailleux, avant d’inviter un piano lumineux qui nous fait basculer sur une ambient douce et lumineuse. De toute beauté, et parfaite conclusion à un album d’excellente facture. On en redemande !

Fabrice ALLARD
le 29/01/2017

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