Ulrich Schnauss & Jonas Munk

Passage

(Azure Vista Records / Import)

 date de sortie

20/01/2017

 genre

Electronique

 style

Electronica / Shoegazing

 appréciation

 tags

Azure Vista Records / Electronica / Manual / Shoegazing / Ulrich Schnauss

 liens

Ulrich Schnauss
Manual

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Par dépit comme par découragement, nous avions arrêté de chroniquer, voire d’écouter, les productions d’Ulrich Schnauss depuis Goodbye, piteux album paru en 2007. Placé si haut dans notre panthéon musical au moment de son premier long-format, l’Allemand avait, par la suite, dégringolé aussi vite qu’il était monté. Apparu également en 2001 sur la scène musicale, Manual s’était fait nettement plus constant en qualité, livrant quelques magnifiques disques jusqu’à une dernière compilation fin 2014, en forme de conclusion. Depuis, Jonas Munk avait opéré sous son propre nom et les deux musiciens s’étaient même déjà retrouvés, en 2010, pour un premier album collaboratif. Non recensé sur ces pages, ce disque se trouve à présent suivi d’un nouvel effort, publié sur le propre label de Jonas Munk dont il s’agit de la première référence.

Sans véritable surprise, Passage permet à chacun des deux musiciens de mettre en avant ses spécificités, mises au service d’un projet commun venant donc emprunter leurs caractéristiques saillantes respectives, soit une forte présence des synthés pour l’Allemand et une science de l’electronica-shoegazing pour le Danois. Pourtant, le résultat flirte fréquemment avec une emphase certaine, peu éloignée d’un pompiérisme assez « années 1980 », telle la fin d’Amaris, le « tron-esque » Intervention : Stjerner ou le difficilement supportable Spellbreaker (auquel il ne manque plus que les danseurs sur plaques de lumière qui changent de couleur à chaque pas). Dans le même temps, les sonorités se font régulièrement un peu trop dégoulinantes (les synthés de Schnauss, naturellement, mais aussi les guitares de Munk) et les rythmiques se vautrent dans une facilité avérée (MST). Lorsque celles-ci s’apaisent, que le déluge d’effets se calme et qu’on se concentre sur une forme d’impressionnisme musical, le propos se fait plus pertinent (Ao Hinode ou le caudal et légèrement plus évaporé Coastal Path).

Au total, alors qu’on aurait pu espérer que cette collaboration favorise une attraction réciproque vers le territoire de l’autre, voire une volonté de construire quelque chose d’un peu différent, on se retrouve plutôt face à deux musiciens qui surenchérissent souvent, tentant de prendre les devants l’un sur l’autre. Il s’ensuit un sentiment de regret : comment deux personnalités aux réels talents ont-ils produire quelque chose d’aussi décevant, d’aussi banal, voire d’aussi désagréable par endroits ? Au lieu de cela, que n’ont-ils privilégié une sobriété qui leur sied bien plutôt que cette recrudescence ad nauseam de filtres et de couches musicales ?

François Bousquet
le 01/04/2017

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