Piano Magic

Closure

(Second Language / Import)

 date de sortie

20/01/2017

 genre

Rock

 style

Pop / Post-Rock

 appréciation

 tags

Piano Magic / Pop / Post-Rock / Second Language / Textile Ranch

 liens

Piano Magic
Textile Ranch
Second Language

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Pas forcément recensé sur ces pages pour toutes ses publications (trois albums uniquement, sur onze au total, avant celui-ci) et non mentionné ici depuis une douzaine d’années, Piano Magic fait pourtant partie de ces formations dont on suit toujours avec intérêt le travail. C’est ainsi que, lorsqu’on apprit que ce nouveau long-format serait le dernier, on ne pouvait faire l’économie d’une chronique, afin de saluer décemment la carrière du groupe de Glen Johnson. Au reste, il faut aussi louer le fait de mettre fin à cette aventure par un nouvel effort discographique, et un concert londonien donné au moment de la sortie, plutôt que de terminer en catimini. Inévitablement, c’est donc avec ce regard, à la fois bienveillant et scrutant la moindre trace testimoniale, qu’on prend connaissance de Closure.

Précisément, le morceau-titre qui ouvre l’album, long de plus de dix minutes, sonne comme un écho à de précédentes propositions (on se souvient de No Closure, morceau d’Artists’ Rifles) et comme un au-revoir avec ses paroles telles « Let’s move this rock and seal this cave/’cause this show is over/I am done/I am done/I am done ». Son lent développement, ses chœurs masculins, sa guitare lourdement saturée sur le refrain ou son atmosphère crépusculaire font de ce morceau une introduction peut-être un peu plombée mais pas forcément révélatrice de tout l’album. En effet, le reste se déploiera sous des atours moins blafards, notamment grâce à la combinaison des guitares de Johnson et Franck Alba, d’une part, et de la batterie de Jérôme Tcherneyan, d’autre part. Plus encore, une guitare acoustique et un métallophone peuvent franchement éclairer un morceau comme You Never Stop Loving (The One That You Loved).

Au-delà des membres traditionnels du groupe, tous réunis sur cet album, Glen Johnson a sollicité, comme il en est coutumier, plusieurs invités pour apparaître sur un titre ou l’autre. Le violoncelle d’Audrey Riley sait, par exemple, enrober joliment les autres instruments comme la voix de Peter Walsh (de The Apartments) et la trompette d’Oliver Cherer rejoignent habilement le reste du groupe sur Attention To Life. Il n’empêche : une profonde mélancolie sourd tout au long de l’album, jusqu’au conclusif I Left You Twice, Not Once, ses adieux (« You still lay in my arms/I could not better say goodbye »), son chant de plus en plus lointain et son poignant dialogue piano-violoncelle qui n’en finit plus de reprendre les mêmes lignes mélodiques.

Si on met de côté le léger écart constitué par l’électronique Exile dans laquelle le chant de Johnson s’essaie, sans réussite, à un registre contemporain quasi-FM et le fait que livrer un dernier album de seulement huit pistes peut apparaître comme un peu chiche, on recommandera donc largement ce Closure. Comme régulièrement en pareil cas, c’est possiblement une fois disparu que Piano Magic sera réévalué car, si le groupe anglais bénéficie d’une bonne cote chez les amateurs éclairés, il n’a jamais véritablement percé ou même atteint le statut qu’il aurait mérité.

François Bousquet
le 06/04/2017

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