David Rothenberg, Korhan Erel

Berlin Bülbül

(Gruenrekorder / Metamkine)

 date de sortie

15/05/2015

 genre

Jazz

 style

Expérimental / Free / Field Recordings

 appréciation

 tags

David Rothenberg / Expérimental / Field Recordings / Free / Gruenrekorder

 liens

Gruenrekorder
David Rothenberg

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Alors que le label Gruenrekorder nous a habitué à des productions de field recordings, ce projet sort du lot de part la participation de David Rothenberg aux clarinettes, ajoutant une teinte plus classiquement mélodique aux field recordings et manipulations sonores de Korhan Erel. Si l’on avait déjà croisé Rothenberg sur le label Monotype aux côtés de Scanner, on découvre ici Korhan Erel, adepte d’une improvisation électronique utilisant régulièrement des field recordings comme source sonore.

On est donc tout de suite sous le charme d’un original duo formé par le clarinettiste et le chant de rossignols sur The Night the War Ends. Le chant des oiseaux est franc, puissant, placé exactement au même niveau que le cuivre, nous confortant dans une impression de dialogue entre les deux éléments. C’est parce qu’elle est responsable de la mélodie que la clarinette peut être perçu comme l’élément principal alors que l’abstraction du chant des oiseaux positionne les field recordings au niveau de l’accompagnement. Les effets électroniques sont ici subtils et semblent vouloir imiter les sifflements en transformant et syncopant le son de la clarinette.
Cette formule clarinette/rossignols n’est pas systématique, mais on a toujours plaisir à la retrouver, et notamment sur Treptower Monument où le chant des oiseaux est très différents et sur lequel David Rothenberg semble véritablement vouloir imiter celui-ci, pour un résultat vraiment étonnant. Enregistrés dans des parcs berlinois, les field recordings révèlent quelques surprises comme des grenouilles sur Dark With Birds and Frogs tandis que cuivres et chants d’oiseaux semblent chacun prendre leur distance sur un Hasenheide Night Circus qui annonce la fin de l’album.

Pour ceux que les chants d’oiseaux laisseraient indifférents, les 2/3 de l’album en sont totalement dépourvus. À la place on trouve un jeu d’improvisation avec d’une part les envolées de clarinette basse de David Rothenberg, et d’autre part les micros sonorités et traitements de Korhan Erel. On pense alors à un blues mélodique avec le soyeux et grave A Long Note’s Invisible Beam ponctué de micros bruitages, ou encore From That Moonlit Cedar What a Burst, plus franc, sur lequel clarinette et bruitages se font plus affirmés. C’est un peu sur ce genre de tonalité que s’achève l’album avec le très beau Interfused Upon the Silentness, très posé, joliment mélodique, et une excellente collaboration entre les deux hommes.
Quand la clarinette se fait plus légère, le tempo s’accélère et on s’oriente vers un jeu d’improvisation que l’on trouvera plus classique, bien que faisant assez régulièrement appel à un jeu de répétition. Unearthly Untaught Strain illustre parfaitement cette approche mais les deux hommes gagnent petit à petit en liberté avec notamment Omnibus et un final complètement fou, virevoltant, un peu à l’image de l’intro de Nachtigall Imbiss qui nous surprendra avec les teintes orientales de son final.

Vous l’aurez compris, Berlin Bülbül est un album riche, plein de surprises, susceptible de retenir l’attention d’un public large, avant tout amateur de jazz et de musiques improvisées.

Fabrice ALLARD
le 17/03/2017

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