Banlieues Bleues 2017 : Mette Henriette Trio / Stian Westerhus / Jameszoo

 date du concert

04/03/2017

 salle

Dynamo,
Pantin

 tags

Dynamo / Stian Westerhus

 liens

Dynamo

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Ouverte la veille à Saint-Ouen, cette édition du Festival Banlieues Bleues connaissait sa première soirée dans sa maison-mère de Pantin ce samedi, avec un programme très varié qu’on pourrait globalement qualifier de contemporain et expérimental. En toute hypothèse, cette variété du plateau avait drainé du monde puisque la Dynamo était pleine, conduisant plusieurs personnes à rester debout, au fond de la salle, derrière les garde-corps, pour assister aux trois sets de la soirée.

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Mette Henriette Trio

Signée sur ECM, Mette Henriette y a livré un double album, situation pas si fréquente pour un premier effort, qu’elle venait présenter entourée de deux compagnons. Armée de son saxophone alto, la Norvégienne se posta en milieu de scène et débuta par des souffles détimbrés, relayés par des tapotements d’Håkon Aase sur les mécaniques de son violon. Quand le piano de Johan Lindvall s’introduisit, le timbre du saxophone arriva également, permettant de prendre de l’ampleur à mesure que le son un peu plaintif de ce dernier se déployait ou que l’archet frottait les cordes du violon.

Les yeux mi-clos et l’air inspiré, Mette Henriette travaillait à la fois les pleins et les creux, la musique produite mais aussi les silences créés, faisant le choix de ne pas forcément saturer l’espace sonore. Au milieu de leur set, les trois musiciens prirent un virage plus expérimental : les notes graves roulèrent au piano, les cordes de celui-ci furent pincées, le violon et le saxophone partirent dans des envolées free. Passé cet intermède, retour à des variations plus spatiales par la suite, pour atteindre le dernier morceau, simple duo piano-saxophone où le premier répéta les mêmes notes dans les aigus tandis que le second improvisait largement.

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Stian Westerhus

Après cette belle découverte, ce fut au tour de Stian Westerhus d’occuper la scène. Dans la lignée de son dernier morceau vu l’an passé à Présences Électronique, en conclusion de son concert donné en duo avec Sidsel Endresen, le Norvégien maltraita sa guitare, déversant une averse d’électricité, dos au public et face à ses quatre gros amplis. Ayant ainsi mis en place son propos, il se retourna ensuite pour une ballade chantée et jouée en arpèges, avant de réintroduire distorsions, saturations et effets lancés à la tablette ou de ses trois racks de pédales. Ce schéma fut répété trois ou quatre fois, utilisant un archet pour renouveler son jeu mais revenant systématiquement à un grattage frénétique de sa six-cordes, dans des hostilités qui firent partir plusieurs personnes alors que des lumières rougeoyantes tombaient telles des flammes sur le musicien.

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Jameszoo

Le temps que les équipes de Banlieues Bleues réarrangent le plateau, les spectateurs purent se désaltérer et se remettre de ces secousses, avant d’appréhender le quartet de Jameszoo, musicien néerlandais favorablement repéré par la critique mais dont nous ne savions absolument rien. Placé derrière ses machines (petit contrôleur tenu dans la main, laptop et autres adjuvants), Mitchel Van Dinther ne dirigeait pas vraiment ses compères, cet office étant plutôt dévolu à Niels Bross. Installé aux synthés et clavier, celui-ci opérait dans un registre parfois psyché, mais surtout nu-jazz, qui n’a pas forcément notre préférence. Au global, l’ensemble se faisait ainsi un rien trop passe-partout, à l’image du calibrage de durée de chaque morceau, soigneusement arrêté à la fin pour recueillir les applaudissements du public. Pourtant, Frans Petter Eidh à la basse à cinq cordes et Richard Spaven à la batterie se démenaient, à la limite du démonstratif, et quelques lignes plus saturées de synthé purent être proposées, mais rien qui ne nous permit de nous accrocher plus avant.

François Bousquet
le 07/03/2017

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