AAAA

Shiva Watts

(Antime / Import)

 date de sortie

08/05/2015

 genre

Electronique

 style

Acid / Electro / Techno

 appréciation

 tags

AAAA / Acid / Antime / Electro / Techno

 liens

Antime
AAAA

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Né à Paris, c’est dans la banlieue de Mexico qu’a grandi Gabo Barranco, le jeune homme qui se produit sous le nom de AAAA. Jeune mais avec déjà quelques passages remarqués au festival Mutek de Mexico et sur Boiler Room Mexico, il fut rapidement repéré par le boss du label allemand Antime. Alors que la sortie CD était déjà prévue sur le label local Maligna fin 2014, Antime se chargea de la sortie en vinyle quelques mois plus tard.

On se rend compte qu’il est de plus en plus rare que l’on parle de ce type de musique, rythmée, dansante, jamais bien loin de la techno et de ses nombreuses variantes. Or justement ce premier album de AAAA est une sorte de compilation de ses premiers travaux, ses explorations sonores autour de l’électro, la house, l’ambient, glissant régulièrement vers des expérimentations aussi bienvenues qu’inattendues. Si les rythmiques orientent le mexicain vers le dancefloor, il a aussi l’art de jouer sur les mélodies et sonorités pour produire une musique à la fois futuriste et mentale, bien décidée à mettre au diapason le corps et l’esprit.
Très vite, on se rend compte de la richesse de cet album qui s’ouvre sur les glissements synthétiques du superbe Intro, enchaîne avec l’électro bariolée de Voyager III, puis de l’entêtant Shiva Watts, certainement l’un de ses premiers tubes, uptempo, taillé pour mettre le feu sur la piste de danse tout en restant plein de surprises, entre cassures, mélodies de second plan et montée de textures éraillées, électro mais avec un esprit bien rock sur ce titre.

Si Gabo Barranco cite Jean-Michel Jarre comme une de ses premières références alors qu’il avait 6 ans, on devine qu’il a ensuite été fortement marqué par toute l’électro produite à la fin des années 80. En effet des sonorités acides sont régulièrement convoquées sur la seconde partie de l’album (VCO Mode, SH Crush ou encore le sautillant Acid Poser), et quelques samples vocaux nous semblent eux aussi typiques de cette période, un peu monstrueux et noyés dans des effets sur Blackfish, peut-être plus typés hip-hop sur le joli Vocall 300 qui surprendra par la douceur de ses tintements mélodiques.
Comme on le disait, on notera quelques expérimentations calculées dans l’ensemble de l’album, mais c’est clairement sur ses interludes ambient qu’elles sont le plus prégnantes à commencer par le poétique Voyager I, l’abstrait et bizarre Bad Hair Day ou encore Mixtape Alpha Dials que l’on croirait tiré d’un vieil album de Boards of Canada.

Un album efficace, intelligent, qui regarde peut-être beaucoup sur le passé, révélant une certaine nostalgie mais on ne doute pas que Gabo Barranco saura rebondir après ce premier essai qui reste une très belle réussite.

Fabrice ALLARD
le 21/03/2017