Benjamin Finger

Motion Reverse

(Shimmering Moods Records / Internet)

 date de sortie

25/06/2015

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Krautrock / Minimal

 appréciation

 tags

Ambient / Benjamin Finger / Drone / Krautrock / Minimal / Shimmering Moods Records

 liens

Benjamin Finger
Shimmering Moods Records

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On vous en parle très régulièrement et de plus en plus souvent puisque l’on suit l’augmentation de sa production. Notre dernière chronique d’un album de Benjamin Finger ne date que de 2 mois avec le Pleasurably Lost publié par Eilean Records et c’est effectivement 2 mois plus tard que sortait ce surprenant Motion Reverse puisque dans un tout autre registre, donnant d’ailleurs l’impression d’avoir été composé il y a quelques années. En effet on sera tenté de rapprocher ce nouvel album au son très électronique de ses productions des années 2009-2010, même si le Norvégien a toujours été un touche à tout.

On l’a vu, Benjamin Finger est devenu maître dans l’art du collage sonore, reléguant bien loin en arrière plan une approche mélodique qui, bien que parfois complexe, avait toujours été présente. Avec ce nouvel album il revient à une musique plus facile d’accès, avec une solide base de boucles électroniques qui contribuent à un certain minimalisme, tandis que l’on retrouve au second plan quelques collages sonores, bruitages divers et samples vocaux.
L’introduction reste ambiguë puisque le disque s’ouvre sur un Vocal Limited qui reste bien expérimental avec ses boucles vocales et son chaos rythmique. L’album démarre véritablement avec Frontal Waves et ses bouillonnements rythmiques et claquements percussifs tandis que des voix semblent surgir du passé. C’est d’ailleurs au passé que l’on pense régulièrement puisque Motion Reverse est largement habité par des boucles et arpèges de basses qui nous rappellent les années 70 et un certain krautrock électronique. On les retrouve sur Dubstore Light qui gagne justement en clarté avec un son très doux et rond, contrairement au brumeux Black Hat sur lequel le Norvégien utilise des sonorités plus nasillardes.

Mais on se situe souvent à la croisée des genres et on pourrait clairement évoquer Kraftwerk en écoutant les basses rondes de Sunny Echoes, les Boards of Canada en se référant aux flottements électroniques de Spacecore Dust, ou plus simplement les premiers travaux du Norvégien à l’écoute de Childish Tape qui mêle samples de voix d’enfant, mélodie acoustique d’une boite à musique et basses rebondies.
L’album se conclue avec Dream Logic sur lequel le musicien propose un travail de manipulation du son. On démarre par quelques vocalises feutrées, probablement une boucle de pincements de cordes, et des sonorités qui se diluent en une nappe oscillante qui devient elle-même une boucle minimale, renouant avec le style même de l’album, entêtant, hypnotique et minimaliste.

Surprenant et accrocheur, cet album est un croisement entre l’ambient et le krautrock qui bascule parfois vers le drone, tout en gardant quelques part, au second plan, une multitude de collages et bribes mélodiques typiques du travail de Benjamin Finger. On tient certainement là notre album préféré de l’artiste.

Fabrice ALLARD
le 28/03/2017

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