Ryoji Ikeda

 date du concert

28/10/2004

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 tags

Centre Pompidou / Ryoji Ikeda

 liens

Ryoji Ikeda
Centre Pompidou

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Ce n’était que la deuxième fois que l’on voyait Ryoji Ikeda en solo, après ses collaborations avec Carsten Nicolaï et Mika Vainio. Comme à son habitude, et notamment sa présentation à Pompidou en 2001 de Formula, l’artiste japonais était au niveau de la régie son, et le public se trouve face à une scène vide et un écran sur lequel sont projetées des images parfaitement synchronisées.
Ce soir, deux pièces étaient diffusées : Matrix [for Theatre], une version concert d’une installation créée en 2000, et C4I (lire "See for Eye"), nouvelle pièce audiovisuelle, et première d’une série intitulée "data.series".

On commence donc par Matrix [for Theatre]. La salle est plongée dans le noir, et une tonalité pure se fait entendre, bientôt rattrapée par une autre, puis quelques bips aigus façon sonar. Une note continue évoluant à peine mais prenant de l’ampleur, puis cassée par quelques brèves séquences bruitistes, craquements et autres sonorités extrêmes, pour finir par un dense champ de clicks jouant sur la stéréo, et une montée qui se termine cut-up. Le morceau est terminé et a duré environ 7 minutes. On retrouvait donc ici le style du japonais, fin, sec, et minimal.

Une petite pause et on reprend pour C4I dans un style assez différent de ce que l’on connaissait du travail de Ryoji Ikeda. On commence par une nappe ambient, une séquence de bips qui accompagne l’affichage d’un texte, et retour de la nappe ambient accompagnant un fondu de l’image. Silence. Puis un gros bruit. Un objet tombe sur une table. Il s’agit d’un très gros livre. Une main tient une règle, l’autre un stylo et dessine des lignes. Son du stylo sur le papier et longeant la règle. Les pages du livre sont tournées à une vitesse infernale, accompagné d’une basse frénétique. Bref, il y a maintenant un lien direct et concret entre les visuels et la musique, toujours minimale mais flirtant du coup avec de la musique concrète. Le japonais cherche avec ces data.series à créer des liens entre notre monde réel et un environnement numérique, tant sur le plan visuel que sonore. Si sur cette séquence on restait dans une ambiance plutôt froide, ce sont bientôt de belles photos de paysages qui sont projetées, pour revenir plus tard modélisées en 3D fil de fer, ou encore des photos de branchages emmêlés qui alternent avec l’épure de lignes blanches reprenant les contours de ces branchages. Aux passages musicaux à l’épure électronique alternent des séquences ambient avec ensemble de cordes.
De nombreux changements avec ses précédents travaux donc, une pièce moins clinique mais toujours très multimédi-@rt (son-image, orientée nouvelles technologies, réseaux, numérique, mondes virtuels) finalement très proche de ce qu’il peut faire au sein de Dumb Type. Un spectacle peut-être plus facile à appréhender, plus sensible, mais qui ne nous convaincra pas totalement, que l’on trouvera un peu vain, ou pas tout à fait abouti.

Fabrice ALLARD
le 01/11/2004

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