V/A

Nerves of Time - Volume 3

(Kaometry Records / Internet)

 date de sortie

01/06/2015

 genre

Electronique

 style

Breakcore / IDM

 appréciation

 tags

Breakcore / IDM / Kaometry Records / Le Perche Oreille

 liens

Le Perche Oreille
Kaometry Records

 autres disques récents
Crisopa
Transhumante
(Sound in Silence)
Celer
Akagi
(Two Acorns)
Bauri
Vinkelvolten (EP)
(FireScope Records)
Pinkcourtesyphone & Gwyneth Wentink
Elision
(Farmacia901)

Nous l’avions évoqué l’an dernier alors que l’on chroniquait un album de Le Perche-Oreille, Nerves of Time est une série de compilations du label Kaometry Records. On pensait vous parler un peu plus tôt de cette structure, mais voici l’occasion de faire plus ample connaissance avec 13 artistes œuvrant dans divers styles électroniques (électro, techno, breakcore), avec chacun ses propres influences (expérimental, electronica, néo-classique, hip-hop, ambient) ce qui permet de composer de nombreuses combinaisons et d’obtenir un disque plutôt éclectique.

On va faire simple et balayer un à un tous les titres de cette compilation parfaitement construite puisqu’elle débute par une électro mélodique, se durcit petit à petit avec les morceaux les plus rythmés pour finir par ceux qui sont peut-être bien les titres les plus inattendus. On démarre en douceur avec Fine Cut Bodies et le son ample et aéré de Sweet Fall avec ses nappes et pincements de cordes qui s’appuie tout de même sur une rythmique posée, mais lourde, à base de percussions froissées. Enkephalin enfonce le clou avec son électro plutôt originale, débutant par des influences dub puis fracturant son Glory to the Guilty en explorant d’autres styles, nous faisant même penser à une ambiance de fête foraine un peu triste.
Bil Bless introduit ensuite quelques samples vocaux qui nous amènent au hip-hop tandis que les mélodies de When She Turns Around sont produites par une sorte de clavecin et appuyées par des cuivres ronds et chauds, tout en s’inspirant par endroit de musiques de jeux vidéos. Une construction là encore étonnante et originale. Le nom d’Enabl.ed ne nous était pas inconnu, aussi nous étions curieux de découvrir son Soaping The Hatch que l’on trouvera joli mais plus classique, faisant le grand écart entre mélodies dignes d’une electronica et une section rythmique lourde et franche pour un résultat que l’on rapprochera de l’IDM. 

On passe à la vitesse supérieure avec Daed et son Rectrec4 qui nous fait beaucoup penser à Aphex Twin avec sa rythmique sèche et syncopée, et ses mélodies légères, sautillantes, naïves, à base de cordes frappées (synthétiques). On passe alors aux artistes les plus proches du breakcore, à commencer par le très réussi Zone de Synthamesk qui mêle habilement électronique et acoustique (superbe break de violon) et nous rappelle le travail de Venetian Snares. On retrouve ensuite Le Perche Oreille avec un joli morceau (My Kingdom) qui combine magnifiquement mélodies et sonorités aériennes (une sorte de flûte) à une rythmique concassée et abrasive.
Le nom fera sourire, Stazma The Junglechrist puise son inspiration dans la Jungle donc, mais à l’image de cette compilation, il en explore les frontières et provoque des rencontres avec d’autres choses. Le déluge rythmique ici présent nous fait encore une fois basculer vers le breakcore mais on notera d’étonnants break ambient dignes d’un vide spatial. On terminera cette séquence avec Al’Tarba qui provoque une autre rencontre, entre breakcore et reggae/dub, tandis que les guitares ont une teinte bluesy.

On attaque la dernière ligne droite et probablement les 4 titres les plus surprenants, à commencer par le Hyouga de Ghost qui a notre préférence. Mélodie de piano et rythmique faite de bruitages, d’objets concassés, qui s’écrasent au sol pour un joli contraste entre électronique expérimentale et musique néoclassique. Un petit bijou. On reste globalement dans le ton avec le Chron de Flint Kids qui laisse d’abord errer ensemble de cordes et voix d’enfants avant de faire exploser une rythmique sèche et fracturée, ponctuée d’un spoken word que l’on croirait tiré d’un rap américain.
Woulg est quant à lui plutôt inclassable avec son Hollow un peu bancal, d’abord accrocheur avec ses roulements de basse, il explore ensuite différentes directions sans vraiment en choisir une. Un choix qui se respecte, mais au risque de perdre un peu l’auditeur. La compilation se clôture sur le très beau Fullof (Artless Version) de Frank Riggio, avec sa mélodie lente et plaintive, grésillante, à la limite de la rupture sur une rythmique à la fois posée et fracturée.

Une très belle compilation, une qualité globalement homogène et au final une excellente carte de visite, tant pour le label que les artistes ici présents.

Fabrice ALLARD
le 02/04/2017

À lire également

Le Perche Oreille
Méta-Féeries
(Kaometry Records)