Présences Électronique 2017 - Kara-Lis Coverdale / Thomas Ankersmit / Cannibal

 date du concert

14/04/2017

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Festival Présences Électronique 2017 / INA / GRM / Le 104 / Thomas Ankersmit

 liens

INA / GRM
Le 104
Thomas Ankersmit

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Une nouvelle fois, Présences Électronique se partage impeccablement entre artistes déjà appréciés mais que nous prenons toujours plaisir à retrouver (Akira Rabelais, Thomas Tilly, Stephan Mathieu, Félicia Atkinson), interprètes que ces pages ont déjà chroniqué en concert mais que, pour notre part, nous n’avions jamais vus (Leafcutter John, Andrew Pekler, Méryll Ampe, Thomas Ankersmit) et musiciens très séduisants de prime abord (Jana Winderen, Kara-Lis Coverdale, Hild Sofie Tajford). Bref, il n’en fallait pas davantage pour nous inciter à nous rendre au 104 pour la quasi-totalité du Festival, en tout cas pour le plus grand nombre de plateaux depuis sa création.

Alors qu’on entrait dans la Nef du 104 avec une pensée pour Mika Vainio, décédé accidentellement l’avant-veille et qui avait naturellement participé à Présences Électronique par le passé, Daniel Teruggi annonça qu’en hommage au Finlandais, « ami du Festival », le morceau Kytkenta ouvrirait la soirée, avant même la pièce de répertoire (un titre d’Ivo Malec). Cette belle idée nous empêcha, toutefois, de pleinement goûter le morceau qui suivit, du fait du contraste entre les deux et de la légère émotion de la salle.

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Kara-Lis Coverdale

Repérée pour sa participation aux claviers sur les deux derniers albums de Tim Hecker, Kara-Lis Coverdale est également active en solo et a bénéficié d’une résidence à l’INA-GRM il y a un an, lien idéal pour expliquer sa présence ce soir-là. Conçu partiellement lors de cette résidence, Limbo débuta par des nappes plutôt lumineuses et aquatiques, rejointes par quelques vocalises, pour former un ensemble très beau et onirique. Assise derrière ses machines, la Montréalaise fit ensuite apparaître des glitchs et perturbations plus abrasives et moins caressantes, ou encore des mélodies quasi-8-bits. Si la jeune femme travaillait surtout le caractère enveloppant de sa composition, jouant assez peu sur la spatialisation éclatée que peut offrir l’acousmonium, elle livra assurément un ensemble fort convaincant, signe d’une belle découverte.

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Thomas Ankersmit

À peine Kara-Lis Coverdale était-elle partie que Thomas Ankersmit s’installa, côté cour, lui aussi derrière une table sur laquelle étaient disposés un synthétiseur modulaire et une table de mixage. À l’aide de ces machines, il livra une suite de fragmentations, crachotements, sifflements et poussées pointues. L’arrivée d’un souffle plus continu permit d’habiller ensuite l’arrière-plan et de donner un peu plus de corps et de liant à la proposition qui reprit ses attaques frontales, franches et tranchées dans son dernier mouvement. Les larsens et sons perçants qui l’accompagnèrent firent fuir quelques spectateurs pendant que d’autres goûtaient davantage le jeu avec l’acousmonium, permettant de faire apparaître les sons tout autour du public.

Sorte de super-groupe, formé par Cameron Jamie, Cary Loren et Dennis Tyfus, Cannibal était chargé de clôturer cette première soirée. Arrivés progressivement sur scène, les trois musiciens proposèrent des collages qui, à l’image de leur entrées successives, étaient superposés, pour empiler des parties très mélodiques (guitares digitalisées, phrases musicales) et des matériaux synthétiques plus abstraits, le tout parcouru d’interventions aux micros (chant façon crooner, gargarismes ou voix filtrées). Malheureusement, comme cela peut souvent être le cas avec ce registre, le résultat partit trop dans tous les sens.

François Bousquet
le 17/04/2017

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