Présences Électronique 2017 - Thomas Tilly / Félicia Atkinson / L’Ocelle Mare / Jana Winderen

 date du concert

15/04/2017

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Félicia Atkinson / Festival Présences Électronique 2017 / INA / GRM / Jana Winderen / Je Suis Le Petit Chevalier / Le 104 / Thomas Tilly / Tô

 liens

Thomas Tilly / Tô
INA / GRM
Félicia Atkinson
Le 104
Jana Winderen
Je Suis Le Petit Chevalier

Pour ouvrir cet après-midi passé dans la salle 400 du 104, on retrouva Thomas Tilly, familier de ces pages, tout d’abord en tant que Tô, puis sous son nom propre, pour des travaux à présent orientés vers l’ambient. Cette fois-ci, il s’agissait, comme Jana Winderen plus tard, de retranscriptions de captations : deux pièces courtes tout d’abord (saisies en France métropolitaine et en Guyane) et une plus longue ensuite, enregistrée en Estonie. Compacte, la musique du Français offrit quelques affleurements dans cette dernière (Détails de Mooste) mais, au global, on ne perçut pas véritablement les composantes habituelles des captations. On se trouvait davantage face à des éclats épars, qui formaient certes un tout, mais surtout synthétiques plus qu’organiques. « Enregistrements noyés dans l’électronique » avait annoncé le programme : c’était tout à fait cela !

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Félicia Atkinson

Autre habituée de nos recensions, Félicia Atkinson s’est lancée, dans un projet intitulé Audio Book, pièce composite constituée de field recordings, voix et sons. Pour Présences Électronique, elle en offrit une réduction (le morceau dure initialement sept heures), alternant bruitages un peu éclatées, nappes et passages pré-enregistrés où sa poésie était lue. Avec ce matériau de départ, la jeune femme parvint à intelligemment utiliser la spatialisation mais déçut par son attitude un peu désinvolte : bras croisés ou main mise sous son menton pour soutenir sa tête, elle se contentait de lancer ses pistes audios sur son laptop. Compte tenu des forces en présence, elle aurait pu intervenir de manière un peu plus conséquente, en lisant ses poèmes en direct, par exemple.

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L’Ocelle Mare

De prime abord, la participation de L’Ocelle Mare à Présences Électronique pouvait surprendre puisqu’on n’imaginait pas forcément quelqu’un porté sur le banjo et l’ukulélé prendre part à ce festival. Pour autant, ces deux instruments, mais aussi un métronome, des clochettes, un concertina, une boîte en bois et autres percussions, ont fait l’objet d’un traitement de la part de Thomas Bonvalet qui pouvait justifier sa présence. Les cordes du banjo se trouvèrent ainsi saturées ou bien grattées par un mécanisme électrique, les boîtes en bois étaient dotées de micros pour capter, de deux endroits différents, les frappes que le Français faisait dessus, etc… L’amplification de tous ses composants nécessitait pourtant un temps certain de mise en place, parfois plus long que le morceau qui s’ensuivit lui-même.

Enfin, dernière artiste de la journée dans la salle 400, Jana Winderen s’y installa à la console, pour une séance de diffusion dans laquelle la Norvégienne démontra aisément son aptitude à partir d’éléments de la nature (gazouillis d’oiseaux, vagues, bruits de la pluie, voire barrissements ou autres cris d’animaux) pour les travailler et les attirer vers l’électronique, en densifiant le tout. Censé documenter l’environnement sonore des fonds marins, la pièce Déclassifié, proposé cet après-midi marqua par son aspect immersif, évidemment renforcé par la spatialisation du son et le fait que l’espace était plongé dans le noir, comme si la nature nous entourait effectivement.

François Bousquet
le 18/04/2017

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