Présences Électronique 2017 – François Bayle / Stephan Mathieu / Hild Sophie Tafjord / Demdike Stare

 date du concert

15/04/2017

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Festival Présences Électronique 2017 / INA / GRM / Le 104 / Stephan Mathieu

 liens

Stephan Mathieu
INA / GRM
Le 104

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Si la soirée du samedi de Présences Électronique s’ouvrit, comme de coutume, par une pièce de répertoire, il n’est pas si fréquent qu’elle soit interprétée par son auteur même. Installé au centre de la Nef, François Bayle officia donc pour donner La Fin du Bruit, ensemble de quatre mouvements parfaitement dans la lignée de ce qu’on peut imaginer en ces lieux. La suite de petites phrases musicales, transformations au synthétiseur de mots prononcés par le compositeur, donna même par moments le sentiment de quelque chose d’un peu déconstruit, surtout conçu pour servir de démonstration des capacités de l’acousmonium.

Lui aussi placé à la console centrale, Stephan Mathieu ne livra pas véritablement des morceaux de son cru, mais une interprétation de la partition graphique d’Earle Brown, December 52. La nappe vrombissante et oscillante, mise en place par l’Allemand, se voulut très compacte, tout juste parcourue de rares sons identifiables et tentée par quelques petits larsens. Probablement trop homogène, cette composition, et le rendu que Mathieu en fit, manqua cruellement de variations et de mise en espace, hormis un crescendo et une saturation dans les dernières minutes.

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Hild Sofie Tajford

Première à prendre place sur scène, Hild Sofie Tajford tenait son cor d’harmonie à la main, et l’utilisa tout d’abord de manière détimbrée, afin d’installer un souffle quasi-continu que vint rejoindre ensuite de discrets glitchs. Appuyant sur les mécaniques, la Norvégienne, connue par ailleurs comme membre de Spunk, timbra son instrument pour une approche à la fois plus free et plus liée. Se samplant en direct, éloignant plus ou moins le pavillon de son cor du micro chargé de le capter, la jeune femme passa ensuite à des notes plus tenues et profondes. Opposées à des composants électroniques plus construits (petites rythmiques, grésillements) ou des cris filtrés grâce à un capteur mis en bouche, ces interventions constituèrent le socle d’une très solide prestation, nouvelle belle révélation après Kara-Lis Coverdale la veille.

Déjà programmé l’an passé (mais n’ayant pu se produire, du fait de l’absence pour cause de tempête de neige de Sean Canty), Demdike Stare était chargé de clôturer la soirée. Cette position permet souvent aux artistes conviés de délivrer un concert à la frontière de l’IDM, comme une passerelle vers un second temps de la soirée pour ceux qui voudraient la poursuivre dans une atmosphère plus dansante. Un peu à rebours, les Anglais firent le choix de convoquer majoritairement leurs dubplates et autres sources pour proposer un ensemble d’electronica expérimentale nullement désagréable, mais dans lequel on n’entra guère. Était-ce dû à une forme de lassitude (c’était le huitième concert de la journée) ou bien à la « longueur » du set (toute relative puisqu’ils jouèrent 45 minutes mais ce qui constitue, à l’aune des prestations habituelles de Présences Électronique, une durée exceptionnellement étendue) ? Difficile à dire, d’autant plus que ce sentiment ambivalent se trouvait apparemment partagé par plusieurs autres spectateurs, sentiment qui nous quitta pourtant sur un titre, au milieu de leur concert, le seul véritablement rythmique d’ailleurs.

François Bousquet
le 20/04/2017

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