More Music Festival - Alva Noto / Yves De Mey / Mathieu Serruys

 date du concert

13/04/2017

 salle

Concertgebouw Brugge,
Bruges

 tags

Alva Noto / Concertgebouw Brugge / Mathieu Serruys / Yves De Mey

 liens

Alva Noto
Concertgebouw Brugge
Mathieu Serruys

Deuxième soir au More Music Festival brugeois : après Robert Henke, c’est au tour d’un autre Allemand, Alva Noto, d’occuper la scène. Scène inverse de celle de la veille : de l’autre côté du plateau de l’auditorium, c’est dans un espace debout que cela se passe ce soir, avec une assistance plus clairsemée mais tout aussi passionnée.

En entrée, on a droit à Yves De Mey : auparavant actif sous le nom Eavesdropper (pour des productions présentant des accointances avec la scène breakbeat / drum’n’bass de l’époque), et par ailleurs moitié du duo Sendai que l’on put apprécier en 2012 au Bozar Electronic Arts Festival, le Belge nous livra une prestation brève (35 minutes) mais intense, gutturale et prenant aux tripes. Seul aux machines et sans projections, il proposa un set lourd et quelque peu oppressant, noir et tourmenté, fait de bombardements, grincements et lents placards sourds et métronomiques, entrecoupés de respirations permettant quelques instants de sortir la tête hors de l’eau. Une performance intéressante, quoique pas pleinement convaincante, notamment sur le dernier tiers qui se fit plus grinçant et un rien pénible avec un volume poussé trop haut.

On venait pour le plat de résistance, Alva Noto, dont on parle régulièrement ici. Le Berlinois présentait un nouveau spectacle, Unieqav, bien dans la ligne de ce qu’on a déjà pu voir et entendre de lui et de ce que l’on trouve sur son label Raster-Noton. Plus intense et implacable en live que sur disque, les constructions sonores rigoureuses de Carsten Nicolai sont centrées autour de pulsations métronomiques puissantes qui parlent autant au corps qu’à l’esprit : c’est un voyage mental d’une heure qui fait balancer le premier et s’évader le second. Les projections sont moins imaginatives ici que chez Robert Henke, on s’en serait douté : variations rapides sur ondes pluricolores, formes géométriques en impulsions stroboscopiques, on l’aura connu plus précis et plus sobre sur ce plan ; cela verse dans un certain systématisme presque superflu. Car en réalité on fermerait volontiers les yeux pour se laisser (em)porter sur les ailes d’un son pur, claquant, ample, parfois frénétique, d’une diabolique précision : un délicieux tunnel auditif dont le terme arrive trop vite à notre goût.

En guise de dessert, on a droit, dans la salle attenante, à 25 minutes d’une performance électro-acoustique de fort bon aloi du Belge Mathieu Serruys. Là où souvent ce genre de proposition pèche par un relatif manque de cohérence et ligne directrice, on a ici l’agréable impression d’une belle tenue d’ensemble ; on suit avec intérêt les idées déployées, à dominante métallique et de souffles, évoquant l’ailleurs d’un vieux train et du barda improbable qu’il transbahute. C’est à savourer sur le moment, et ce fut fort apprécié par un auditoire attentif. On sait gré aux organisateurs de ce festival urbain de quatre jours, et à l’impeccable Concertgebouw de la Venise du nord, de nous avoir offert ces deux bien belles soirées.

Gilles Genicot
le 27/04/2017

À lire également

04/02/2006
Alva Noto / Kangding (...)
(Centre Pompidou)
06/12/2003
Festival Octopus 2003 :
(Centre Pompidou)
25/06/2009
Siestes Electroniques
(Théâtre Garonne)
13/10/2005
Ryuichi Sakamoto + (...)
(Cigale)