Matt Jencik / Ensemble Économique / Nadja

 date du concert

30/04/2017

 salle

Supersonic,
Paris

 tags

Aidan Baker / Ensemble Economique / Nadja / Supersonic

 liens

Nadja
Aidan Baker
Ensemble Economique
Supersonic

En tournée quasi-permanente, Aidan Baker passait, cette fois-ci, par Paris avec Nadja, son groupe ambient-doom. Pas forcément notre projet préféré du musicien (nous nous intéressons davantage à ses efforts en solo, ou au sein de B/B/S/), ce duo mérite toutefois, ainsi que ces pages ont déjà pu le souligner, d’être vu sur scène, d’autant plus que le plateau monté par le Supersonic était plutôt cohérent et alléchant.

JPEG - 92 ko
Matt Jencik

De fait, débuter par Matt Jencik (qu’on connaît comme membre d’Implodes et ancien participant à Don Caballero) permit de se placer immédiatement dans une veine ambient. Lançant des boucles avec son synthé, l’États-Unien y ajoutait des accords plaqués sur son clavier-séquenceur, plus ou moins aigus et plus ou moins saturés. Des morceaux assez denses et homogènes étaient ainsi proposés, même si on put regretter qu’il y ait une ou deux secondes de coupure entre chaque titre, venant rompre ce continuum. Si le caractère un peu chargé de certains accords donnait une coloration proche d’un orgue d’église aux sonorités produites, le jeu sur la vibration et l’oscillation des nappes et accords se trouvait intelligemment relayé par les lumières projetées de derrière, parfois mises en position stroboscopique.

JPEG - 73.8 ko
Ensemble Économique

Vu il y a deux ans, Ensemble Économique ne nous avait pas laissé un grand souvenir, avec une inflexion très psyché-rock par rapport à la prestation dont ces pages avaient pu rendre compte en 2012. Pour cette nouvelle date, Brian Pyle se plaça davantage dans la continuité de ce concert-ci, restant assis avec son clavier-contrôleur sur les genoux (il se mit debout juste pour le dernier morceau, pour lequel il s’empara de sa guitare électrique). Avec des rythmiques lancées de son instrument, des notes jouées sur celui-ci et un chant présent un morceau sur deux, l’États-Unien se situa donc dans la lignée witch-house de sa musique. Un peu répétitifs et trop noyés sous les effets (avec la traditionnelle incapacité à distinguer les paroles interprétées en direct), ses titres formèrent néanmoins une solide prestation, clôturée donc par un passage à la six-cordes. La réitération à l’infini des mêmes accords y permit de générer un mur sonore contre lequel vinrent s’écraser pulsations et chant.

JPEG - 83.7 ko
Nadja

Comme de coutume, Leah Buckareff tourna le dos au public tandis qu’Aidan Baker lui faisait face, chacun tenant son instrument (respectivement la basse et la guitare électrique) bien en mains, parés pour livrer un pur doom, frisant le stoner rock. Les accords étaient, en effet, grattés invariablement, en cadence d’une rythmique métronomique préenregistrée (cymbale tous les temps et toms frappés lourdement), tandis que le volume était au maximum, l’atmosphère plombée et l’air chargé de saturations. Pour essayer d’éloigner le caractère lancinant de l’ensemble, Aidan Baker se livrait parfois à une sorte de solo, allant chercher des notes en bout de manche et rajoutant, de ce fait, une couche musicale supplémentaire. Le dernier tiers du concert de Nadja se fit un peu plus expérimental, avec travail au bottleneck ou sur les différentes pédales, disposées sur la table séparant les deux musiciens, voire absence d’accords et jeu uniquement sur les résonances. Quoiqu’il en fut, l’assistance, fort garnie et mélangée (des quasi-métalleux aux curieux de tous bords), semblait conquise.

François Bousquet
le 04/05/2017

À lire également

20/03/2012
Off the International
(Instants Chavirés)
07/02/2014
Aidan Baker / Prairie
(La Zone)
17/04/2015
Ensemble Économique / (...)
(Chinois)
Aidan Baker
Half Lives
(Gizeh Records)