Anjou

Epithymía

(Kranky / Differ-ant)

 date de sortie

24/03/2017

 genre

Rock

 style

Ambient

 appréciation

 tags

Ambient / Anjou / Kranky

 liens

Kranky

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À la fin de notre recension du premier album d’Anjou, nous louions les morceaux dans lesquels Steven Hess prenait davantage de place, ainsi que le morceau caudal, titre dans lequel le trio se dirigeait vers quelque chose de plus expérimental, un peu éloigné de l’ombre portée de Labradford (les deux autres membres d’Anjou étant originaires, rappelons-le, de cette formation). Pour débuter Epithymía, on reprend globalement les choses au même stade puisque les cymbales de Steven Hess font une intervention marquée (par des roulements venant coiffer le reste de l’instrumentation) tandis que l’étirement dans la durée de Culcinae (quatorze minutes et trente secondes) favorise toutes les expériences et toutes les évolutions.

Cependant, on craint vite (avant même l’écoute complète du disque, d’ailleurs) que cette continuité ne sera qu’un feu de paille puisque le groupe est à présent réduit au duo Mark Nelson-Robert Donne, Hess n’apparaissant que sur ce titre d’ouverture. Sans réelle surprise, sur la suite de l’album, les notes arrondies, réverbérées, quasiment rebondissantes et typiques de Labradford font leur incursion, mais se trouvent mises en contrepoint de souffles opaques ou des frottements anxiogènes, le tout baignant dans une atmosphère tourmentée. Quelques petits éléments rythmiques vont venir se greffer, plus tard, sur les compositions du duo, de même que de micro-larsens, bien que l’ensemble soit toujours paré de ces accointances quasi-dub tout à fait caractéristiques (Soucouyant), s’aventurant régulièrement vers des consonances aquatiques (Glamr).

Bien qu’intéressants, ces morceaux peuvent paraître également assez convenus, à l’aune de la carrière passée de leurs auteurs. Au reste, ils le sonnent encore plus, en creux, quand un instrument autre que les machines de Nelson et Donne intervient. Ainsi en est-il avec le cornet à pistons de Paul Watson, convié sur An Empty Bank, aux côtés de la guitare de Tannon Penland, et qui apporte ampleur et caractère aérien à des compositions qui, d’ordinaire, privilégient plutôt une approche sous-marine.

François Bousquet
le 31/05/2017

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