V/A

Cottage Industries 6

(Neo Ouija / Import)

 date de sortie

27/03/2017

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Arovane / Bauri / Christ. / Electronica / Lackluster / Metamatics / Neo Ouija / Novel 23 / Sleepy Town Manufacture / Tim Koch

 liens

Arovane
Lackluster
Tim Koch
Novel 23
Sleepy Town Manufacture
Neo Ouija

 autres disques récents
Chihei Hatakeyama
Mirage
(Room40)
Lärmheim
Cent Soleils
(Autoproduit)
Dessin Bizarre
Open Your Eyes
(Fluttery Records)

Marque de fabrique du label Neo Ouija, les compilations Cottage Industries ont jalonné son parcours depuis 2000 et, au gré des renaissances de la structure anglaise, c’est toujours avec un nouveau volume que le cours des choses reprend. Nouvel exemple avec cette sixième livraison, publiée quelques mois après l’album de Metamatics, première référence après trois ans de silence. Courageuse, la maison britannique continue de proposer une version physique, en sus de la version digitale, manière de prolonger la série et de permettre aux six volumes de voisiner dans une discothèque. Retrouver une compilation Cottage Industries, c’est également la garantie de prendre des nouvelles de l’electronica mélodique telle qu’elle se pratique actuellement, de retisser un lien avec plusieurs musiciens un peu perdus de vue et de faire des découvertes.

Pour les têtes consacrées, Christ. ne livre rien de très marquant, mais ouvre pertinemment les débats. Plus loin, c’est avec grand bonheur qu’on reçoit le Bloom de Tim Koch, nonobstant son caractère non inédit puisque ce titre figurait déjà sur une autre compilation en 2013. Qu’importe, en vérité, lorsqu’il s’agit de huit grosses minutes si subtiles, aux tonalités légèrement pastel, rehaussées par quelques touches rythmiques et une construction savante (avec apparition de vocalises féminines dans le dernier quart du morceau). Même satisfaction de lire le nom de Bauri parmi les participants, étant sans véritable nouvelles de sa part depuis plusieurs années : aucune déception ici non plus, Martin Abrahamsson fait toujours dans la belle electronica mélodique, avec une appétence pour les chromatismes un peu enfantins. Cela fait aussi quelque temps que Lackluster s’était tenu éloigné de nos oreilles qui se refamiliarisent immédiatement avec le Finlandais et ses petites envolées.

Revenu en première ligne depuis 2015, Arovane n’en finit plus de produire des morceaux, en solo ou avec d’autres artistes (dont Porya Hatami) ; pour autant, et Erval en atteste, son style conserve sa singularité, avec sa polyrythmie, la tessiture métallico-lumineuse de ses mélodies et son aspect quasi-IDM. Enfin, Metamatics, en sa qualité de gérant de Neo Ouija, ne pouvait être absent de cette livraison, même si c’est pour offrir une piste déjà présente sur son album publié à l’automne 2016.

Côté musiciens encore non évoqués sur ces pages, on passera sur Gis (qui appuie trop ses basses) comme sur le duo Ghostwerk & Zebra (qui éprouve des difficultés à se situer, entre abstract hip-hop et electronica) pour se trouver séduit par Qeshi qui était déjà présent sur le second volume des Cottage Industries. Le Suédois se situe, effectivement, bien dans cette mouvance défendue par Neo Ouija comme l’est également le prolifique Coppice Halifax, l’un des pseudos utilisés par Brian Grainger (avec, par exemple, Milieu). Autre artiste qu’on connaissait sans connaître, Roel Funcken est la moitié de Quench et Legiac (duos partagés avec son frère Don) ; ici, il opère dans un registre un peu industriel assez réussi.

Musicien pas encore recensé par nos soins (et nous nous demandons bien pourquoi compte tenu de sa riche discographie, chez Shaped Harmonics, U-Cover, et, à nouveau, de sa présence sur Cottage Industries 2), Ambidextrous nous rappelle pourquoi on a tant apprécié, dans les années 2000, l’electronica russe et ukrainienne : grande science de la rythmique, caractère impeccable des mélodies et précision des composantes. Au reste, cette scène, qu’on croyait tarie, fait un beau retour sur cette compilation puisque deux de ses représentants phares en font partie : Novel 23 et Sleepy Town Manufacture. Tandis que Roman Belousov convoque à nouveau ses sonorités à la fois métalliques et proches d’un clavecin digitalisé, Alexander Ananyev conjugue magnifiquement, sur un titre déjà ancien (2009), « vents électroniques » et petite mélodie synthétique, le tout dans une atmosphère caressante.

François Bousquet
le 08/06/2017

À lire également

19/04/2006
Festival Mal au Pixel :
(Confluences)
Arovane
Icol Diston
(Din)
Multiplex
Mixt
(Senton Recordings)
Arovane
Lilies
(City Centre Offices)