Nina Canell : Dolphin Dandelion

 date

du 21/04/2017 au 25/06/2017

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Crédac / Nina Canell

 liens

Crédac

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Fin 2014, on saluait, sur ces pages, les deux œuvres de Nina Canell présentées dans l’exposition collective The Promise Of Moving Things montrée au Crédac. C’est dans le même lieu ivryen que la jeune femme offre à présent une monographie qui, en bonne logique, se situe dans la droite ligne des deux propositions qu’on mettait alors en exergue : vie intérieure conférée aux combinaisons et interactions avec l’environnement extérieur. Profitant de l’espace qui lui est offert, la Suédoise va, au surplus, rajouter d’autres préoccupations, telle cette volonté de travailler sur les flux et transferts.

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Shedding Sheaths
(courtesy galeries Barbara Wien et Daniel Marzona, Berlin)

C’est ainsi que des grands dispositifs parcourus de câbles et détecteurs de présence vont déclencher des sons et des mouvements de fils électriques quand le public s’en approche, de même que l’eau recouvrant des plaques de pierre va s’agiter légèrement quand un courant d’air traverse la pièce. Toujours situées ainsi entre inertie et mouvement, les créations de Nina Canell peuvent également documenter l’existence passée d’un courant, à l’image de ces gaines de câbles à fibre optique évidés, et tortillés pour en faire de mini-sculptures qu’on croirait presque vivantes (Shedding Sheaths).

Vivante, l’exposition l’est de toute façon puisque des limaces ont été insérées par la plasticienne dans de grands coffrets métalliques de distribution électrique ; se déplaçant à leur propre vitesse, attirée par l’eau ou par la perspective de manger une tranche de concombre, les animaux laissent, entre les fils électriques rognés (rongés ?), leur trace suintante, unique marque de leur passage (Energy Budget). Évoluant dans ce placard de métal éventré, les limaces peuvent aussi être vues comme les dernières survivantes, dans un climat quasi-post-apocalyptique dans lequel les hommes ont été surpassés par les objets, animaux et végétaux, pouvant presque bouger tout seul, sans nécessité d’une intervention humaine.

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Days of Inertia
(courtesy galeries Barbara Wien et Daniel Marzona, Berlin)

La résine végétale, qui recouvrait déjà les bûches verticales installées par l’artiste en 2014, est maintenant disposée sur une étagère basse, prête à s’étendre sur la surface du sol de la grande salle du Crédac (Gum Shelf). À l’inverse, les flaques d’eau semblent rester concentrées sur les morceaux de pierre puisqu’un vernis hydrophobique, appliqué en périphérie, empêche le liquide de s’échapper (Days Of Inertia). Mais, comme pour le reste de l’exposition, la nature finit par reprendre le dessus : placées dans le coin de la grande salle, bénéficiant des immenses baies vitrées du centre d’art, les roches verront irrémédiablement l’eau s’évaporer par l’action du soleil. Rien n’y fait, donc : l’homme sera toujours moins fort que la nature !

François Bousquet
le 09/06/2017

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