Eryck Abecassis

Ilumen

(Entr’Acte / Metamkine)

 date de sortie

00/08/2015

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Noise

 appréciation

 tags

Entr’Acte / Eryck Abecassis / Expérimental / Noise

 liens

Eryck Abecassis
Entr’Acte

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On vous parlait en 2011 du premier album solo d’Eryck Abecassis, Resonant Doom, alors publié chez Real Granular Reality. C’est donc 4 ans plus tard qu’il nous revient et qu’on le retrouve cette fois chez Entr’Acte, un label chez qui nous avons notamment déjà croisé hamaYôko et Helena Gough, mais chez qui l’on trouve également Marc Behrens, Giuseppe Ielasi, Machinefabriek, ou encore Andrew Pekler. À l’image de son précédent album, Eryck Abecassis y produit une musique expérimentale aux sonorités plutôt arides.

Arides, c’est pour rester assez générique et parce que ce terme convient assez bien pour décrire toute une palette de sonorités qui peuvent aller des textures bruitistes aux sifflements stridents en passant par des drones ondulants. On constate assez bien cela sur le morceau titre, pièce centrale, imposante avec ses près de 13 minutes. Ça démarre étrangement avec comme l’explosion d’une tonalité plutôt claire et limpide qui se propage et se déploie en nappes texturées, souffles bruitistes et nasillards, piaillements d’oiseaux mécaniques et drones industrielles.
De façon quasi symétrique, après une accalmie à mi parcours, de nouvelles tonalités épurées font leur apparition et enchaînent à leur tour dans un lot de nappes mécaniques, froides et imperturbables, de grincements métalliques et autres crépitements mystérieux.

Autour de cette pièce centrale gravitent 6 titres que l’on situera à la fois dans la lignée de Ilumen, tout en étant l’occasion de tester de nouvelles idées à un rythme plus soutenu. Donc oui, le reste de l’album est lui aussi très expérimental, aux sonorités toutes aussi arides, mais on y trouve une plus grande richesse, une belle variété de tons. Le gap est par exemple très important entre Ark, composé essentiellement de drones nasillards et chuintements frétillants, et (No HumXn) Cry For Help qui s’ouvre sur une voix superbe, proche d’une sirène, jouant en duo avec l’électronique qui la rattrape. C’est doux, presque mélodique et complètement inattendu.
Alors que La Griffe du Chien, très contrasté, semble être composé à la gloire de la fée électricité avec ses grésillements, claquements et ronronnements, La Néee surprend par le quasi silence de sa première portion, notamment ponctuée de petits tintements de cloches. Ce n’est que dans sa seconde partie que l’on retrouve l’électronique, sous forme de drones ondulants et textures arides.

On termine dans la rage et la colère avec Partout, Zéro, Nulle Part et son alternance de textures bruitistes, coups abstraits, chaotiques, improvisés, d’explosions fulgurantes et de quasi silences. Ilumen est un album complexe, marqué par le contraste et qui séduit justement dans le fait de ne pas choisir entre le bruit et le calme.

En guise d’illustration, un live basé sur cet album :

Fabrice ALLARD
le 11/06/2017

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(Real Granular Reality)