Everest Magma

Modern / Antique

(Boring Machines / Import)

 date de sortie

26/09/2015

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Psyché Rock

 appréciation

 tags

Boring Machines / Everest Magma / Expérimental / Psyché Rock

 liens

Boring Machines

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Nous n’en n’avions jamais parlé, mais nous avions déjà croisé Everest Magma alors qu’il composait sous le nom de Rella The Woodcutter et qu’il sortait son album The Golden Undertow en 2011, déjà chez Boring Machines, dans un style rock/folk psychédélique. Depuis 2011 il a fait l’acquisition de machines, de pédales d’effets et il produit donc sous le nom d’Everest Magma une musique plus électronique, et surtout beaucoup plus expérimentale.

Pour nous rappeler le travail de l’artiste et évaluer son évolution, nous avons tenté le passage d’un album à l’autre et donc d’un projet à l’autre. C’est le jour et la nuit puisque The Golden Undertow alliait guitare et voix dans un style il est vrai plus folk que rock, alors que Nan Nan qui ouvre ce nouvel album est construit à partir de boucles chaotiques, nasillardes et rugueuses, de tintements métalliques et de cordes que l’on devine d’un instrument traditionnel oriental, contribuant énormément à la teinte asiatique que prend ce titre sur ses dernières minutes.
Modern/Antique est le premier album de ce nouveau projet et on sent assez bien cette envie d’expérimenter, d’explorer divers styles. L’auditeur peut donc être surpris en découvrant les percussions lourdes, martèlements rapides et bribes vocales de Dres Dued Del qui s’achève sur des notes technoïdes et tribales créées par la manipulation de boucles vocales. Du très beau travail qui se poursuit de nouveau dans la rupture avec un Cuarteo Sa downtempo, mécanique, sur lequel on retrouve un gros travail sur les voix, déformées et monstrueuses.

On passera assez rapidement sur Oior Rade, Raiod Ode, pour nous le morceau le plus faible de l’album avec un son très sourd, une construction très répétitive et assez peu d’évolution. Tant par le son que par sa construction, ce morceau se prêtait plutôt au statut d’interlude... Ça repart toutefois très fort avec Maigam Aleer dont les voix déformées sont cette fois mises très en avant, à l’état de chant même si la tonalité reste assez étrange et mystérieuse. Ajoutées aux percussions métalliques et au tempo soutenu, elles nous rappellent énormément quelques titres de The Knife, pour notre plus grand plaisir. On peut y voir là un croisement avec les musiques tribales, des influences witch house, tout en tentant d’insuffler une petite dose de pop-music et c’est encore une fois très réussi.

On termine avec le très beau Cabie Unt Mei Py Comata qui permet de conclure en baissant un peu le tempo et de gagner en douceur. Boucles d’orgue mélodique, virevoltes électroniques et encore ces traitements de vocalises que l’on ne sait plus qualifier. Monstrueuses, belles, mélodiques, plaintives. Du très beau travail et une excellente découverte sur laquelle nous reviendrons très certainement.

Fabrice ALLARD
le 23/07/2017

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