Ujjaya

 date du concert

05/08/2017

 salle

Petit Bain,
Paris

 tags

Petit Bain / Ujjaya

 liens

Petit Bain

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Depuis plusieurs mois, nous voyions passer le nom d’Ujjaya dans des lieux connus et apercevions son nom sur des publications suivies ou des programmes recommandables. Pour autant, l’occasion ne nous avait pas encore été donnée, pour des raisons d’incompatibilité d’agenda principalement, d’assister à l’un de ses concerts. Grâce à une « sieste musicale » proposée par l’association Atmosfeel sur la terrasse de Petit Bain en ce samedi, ce manque fut comblé. Découpé en trois mouvements (un concert rituel d’Ujjaya, une lecture sur l’ambient par l’auteur d’une anthologie de cde style musical, et un autre set dit « sleep concert » d’Ujjaya), l’après-midi se résuma, pour notre part, à sa première heure.

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Installé sous un barnum et sur un tapis, entouré de tous ses instruments et machines, portant un T-Shirt à son nom (au cas où on ait un doute ?), Ujjaya délivra effectivement un concert dans son style de prédilection dit « ethno-ambient ». De fait, utilisant majoritairement sa vînâ (instrument à cordes doté de deux grosses sphères faisant office de résonateurs), le musicien adjoignait les sons de ses cordes à des nappes lancées de son sampler. Affublée d’un micro fixé sur la table, la vînâ pouvait alors voir ses sons agrémentés d’une réverbération qui venait judicieusement amplifier l’aspect mystique de l’ensemble. Si, dans ce contexte, on pouvait regretter que les apports vocaux fussent très largement issus de samples et non pas chantés en direct, la capacité d’Hery Randriambololona à habiter l’espace sonore était certaine et s’accommodait parfaitement des conditions : soleil intermittent, public partagé entre transats et matelas, proximité de la Seine, léger tangage de la péniche.

Au surplus, le musicien était capable d’aller vers des territoires un peu autres, quand une batterie lancinante était introduite, en même temps qu’un récit mettant aux prises une divinité. Ses divagations sur le manche de sa vînâ l’emmenèrent alors vers une forme de post-rock plutôt bienvenue. Plus tard, son instrument sonna comme un synthé lorsqu’elle fut jouée dans ses notes les plus aigües. La délaissant, Ujjaya se lava ensuite les mains au savon avant de se les frotter sur les anses d’un récipient en métal duquel avait été approché un micro. Les frottements de ses mains encore humectées produisirent alors de nouveaux sons tout aussi bien intégrés à ses nappes. Enfin, il se mit debout pour un dernier morceau peut-être moins convaincant car un peu moins riche, mais qui pouvait aussi se lire comme la conclusion de cette heure fort probante.

François Bousquet
le 06/08/2017