Stéphane Thidet : Désert

 date

du 11/11/2016 au 27/08/2017

 salle

Abbaye de Maubuisson,
Saint-Ouen-L’Aumône

 appréciation
 tags

Abbaye de Maubuisson / Stéphane Thidet

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Installé pendant près d’un an dans le très bel édifice du XIIIe siècle, Stéphane Thidet peut y poursuivre sa réflexion sur la nature et sur les échos de celle-ci avec la création contemporaine, dans un contexte où, de toute façon, l’Abbaye de Maubuisson attend des artistes qu’elle invite qu’ils s’interrogent sur les relations entre arts plastiques, patrimoine et environnement naturel.

Dans les trois vastes salles dévolues aux expositions, le Français joue ainsi sur trois dimensions propres au lieu val d’oisien : le soleil irradiant le bâtiment, les religieux ayant occupé l’Abbaye et la pierre la constituant. D’un Soleil à l’Autre se constitue de deux gongs de métal, vibrant et résonnant selon les fréquences de l’astre, captées par une antenne plantée dans le parc jouxtant l’édifice. La transformation d’un phénomène naturel en medium, comme celle des disques en haut-parleurs, se trouve renforcée par le fait que la salle du parloir est entièrement plongée dans l’obscurité.

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Insomnies
(courtesy de l’artiste et des galeries Aline Vidal et Laurence Bernard)

La clarté se fait alors d’autant plus forte quand on passe dans la salle du chapitre, baignée de lumière et agrémentée de six lits de dortoirs, ascétiques meubles en acier dotés d’un simple matelas au sein duquel semble avoir poussé un arbrisseau. Il s’agit, en réalité, de gattiliers, plantes anaphrodisiaques anciennement cultivées par les moines précisément pour ces vertus, chargées de les faire résister à la tentation. Avec son intitulé ironique, Insomnies retrace également la marque du temps puisque les matelas ont perdu leurs occupants, mais que les graines de gattiliers qui pouvaient les garnir ont fini, eux, par prospérer donnant même des jeunes pousses… à la différence des religieux.

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Un peu plus loin
(courtesy de l’artiste et des galeries Aline Vidal et Laurence Bernard)

Principale salle de l’Abbaye, celle des religieuses a été recouverte d’argile par Stéphane Thidet qui y a, ensuite, traîné quelques grosses pierres, toutes dans le même sens, laissant une trace particulièrement visible et marquée (Un peu plus loin). Entre simili-land art et pleine occupation de l’espace, le plasticien tend également un pont vers le mysticisme avec ces rochers qui semblent s’être déplacés tous seuls (on ne voit trace, au sol, d’un passage humain qui aurait manipulé les pierres). Cette forme de mystère trouve un dernier écho dans Half Moon, vidéo projetée en fin de parcours où des animaux reprennent possession, une fois la nuit tombée, d’un parc laissé vide par des pique-niqueurs. La cohérence de l’exposition réside alors dans le fait qu’elle nous incite, tout du long, à la méditation et à l’introspection, tout en entrant intelligemment en résonance avec le lieu qui l’accueille.

François Bousquet
le 22/08/2017

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