Sylvain Chauveau

Post-Everything

(Brocoli / Metamkine)

 date de sortie

25/08/2017

 genre

Electronique

 style

Expérimental

 appréciation

 tags

Brocoli / Expérimental / Sylvain Chauveau

 liens

Sylvain Chauveau
Brocoli

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Pour clore sa série consacrée à la « déconstruction du format chanson », Sylvain Chauveau se montre fidèle au label Brocoli qui héberge ses albums solo depuis quatre ans. Alors que Kogetsudai nous avait laissé un peu en retrait, tant le minimalisme y était poussé, nous étions quand même dans l’attente d’écouter ce que le Français allait pouvoir proposer pour terminer cette trilogie, ouverte depuis 2010. Accompagné sur le disque de deux jeunes femmes au chant (Myriam Pruvot et la plus connue Chantal Acda), Chauveau fait le choix de débuter son album par un morceau de plus de douze minutes (option plutôt audacieuse quand le long-format ne fait que trente-trois minutes en tout) : sur des tapis électroniques, sa voix et celle de Myriam Pruvot se mêlent ou interviennent séparément, soit en direct soit via des petits traitements.

S’élève alors une très belle impression de roulis conjuguée à une forme de mini-vertige, renforcée par la durée du morceau, mais aussi au sentiment, pas forcément contradictoire, que les deux musiciens se tiennent tout près de nous (Find What You Love And Let It Kill You). Passée cette superbe ouverture qui balaye aisément les réserves émises au moment de Kogetsudai, le reste de l’album se trouve partagé entre morceaux dans lesquels la guitare acoustique jouée en finger-picking dialogue avec le chant et ceux où l’instrumentation se fait purement électronique.

Dans les premiers, on est parfois proche de la simple pastille (aussi bien au niveau de la durée, quelquefois tout juste supérieure à la minute, que du matériau présenté) ou du geste comparable à une esquisse, qui aurait presque pu faire l’économie d’une inscription sur support physique (The Unstoppable Sex Machine, A Morning Rain, Afterwards). De manière plus intéressante, un morceau peut débuter avec une simple six-cordes avant de passer la main à des notes tenues proches du larsen, en même temps que la voix de Chauveau se trouve filtrée (On The Influence Of Planetary Attraction).

Dans les titres où l’électronique est majoritaire, la présence de grésillements, d’une note grave ou des chœurs féminins évoqués précédemment, permet d’emporter plus largement l’adhésion : I Follow Rivers, reprise dépouillée dans la lignée de ce que Sylvain Chauveau a pu nous offrir par le passé, ou Unilateral Disarmament avec cette sorte d’harmonium qui soutient les voix de Chauveau et Acda. Ces voix finissent toutefois par disparaître complètement sur Seven Ways Mushrooms Can Save The World, la trompette de Jacques Coursil se chargeant de refermer le disque, en compagnie de la guitare acoustique et de l’électronique, manière peut-être de jeter un pont vers la prochaine étape discographique de la belle carrière de Sylvain Chauveau.

François Bousquet
le 25/09/2017

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