David Merlo / Gaute Granli / Steve Jansen

 date du concert

19/09/2017

 salle

Pointe Lafayette

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Pointe Lafayette

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Depuis plusieurs mois, nous voyions la Pointe Lafayette apparaître parmi les sites accueillant des concerts expérimentaux à Paris. La relative faiblesse de l’offre de soirées live en cette rentrée nous a incités à aller voir de plus près ce nouveau lieu et sa programmation, à l’occasion d’un plateau monté autour de la tournée européenne commune de Gaute Granli et Steve Jansen. Située à l’angle de la rue La Fayette et du Quai de Valmy, à proximité immédiate de Point Éphémère, la Pointe Lafayette est en fait un de ces bars-brasseries de quartier qui héberge, dans sa cave, des concerts dont on se doute que la population les fréquentant n’est pas la même que celle qui reste au rez-de-chaussée.

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David Merlo

Comme souvent aussi dans une telle configuration, il fallut attendre près de 22h pour voir le premier set, œuvre du Français David Merlo, qui avait couché sa basse à cinq cordes sur ses genoux. Il y avait préalablement coincé entre les cordes une règle en plastique et un autre morceau de plastique, afin de « préparer » son instrument. Plus tard, ce sera même un couteau de cuisine qui sera glissé entre les cordes de la basse, jouée à l’archet ou en finger-picking. Un e-bow pouvait également être utilisé, lui aussi coincé entre les cordes, pour un résultat travaillant sur l’étirement du temps et des sonorités. À la fin, ce furent même les cordes qui se trouvèrent étirées, détendues, Merlo jouant juste sur cette action sur les mécaniques de son instrument pour produire des sons.

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Gaute Granli

Place ensuite à Gaute Granli, guitare électrique en bandoulière, petit pipeau en plastique et micro en mains. Convoquant effets et pédales pour la première, le Norvégien livra une nappe bien sombre parcourue de crachotements divers tandis que notes de flûte et chant (ou cri ?) se mêlaient dans le micro. Flirtant avec le bruitisme noise, le musicien nous faisait donc franchir un cap dans l’expérimentation, alternant position accroupie et station debout.

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Steve Jansen

Enfin, reprenant une configuration proche de celle de David Merlo, Steve Jansen posa sa guitare sur les tables et la recouvrit de capsules de métal, de deux e-bows et d’une cymbalette. Faisant le choix de se tourner vers la tension entre les différents métaux (ceux de ces adjuvants et ceux des cordes de sa guitare), l’États-Unien chargea progressivement l’espace sonore, glissant lui aussi un objet pointu en métal entre les cordes. Face à la petite dizaine de personnes présentes dans la cave, l’air se trouva alors gorgé de saturations et de mini-vrombissements se faisant progressivement de plus en plus forts.

François Bousquet
le 20/09/2017