Fennesz

Mahler Remix

(Touch / La Baleine)

 date de sortie

29/01/2016

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Néo-Classique / Live

 appréciation

 tags

Ambient / Expérimental / Fennesz / Live / Néo-Classique / Touch

 liens

Fennesz
Touch

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Une fois de temps en temps, il nous arrive de revenir sur le travail de Christian Fennesz, afin de suivre son évolution, constatant assez souvent que son style, parfaitement abouti en 2001 avec Endless Summer est devenu une constante dont il peine à se défaire. Régulièrement présent chez Editions Mego (et anciennement Mego chez qui il a débuté), Fennesz retrouve le label Touch sur lequel il n’avait rien publié depuis Black Sea en 2008. C’est la relative originalité de ce projet qui a retenu notre attention puisque l’Autrichien remixe ici très librement le travail de Gustav Mahler. Cet album sorti en numérique en 2014 par Fennesz est en réalité un enregistrement live réalisé à Vienne en 2011, mais c’est donc en 2016 que Touch décida de le sortir en vinyle.

L’album est découpé en 4 pistes, sobrement numérotées en guise de titre, dont la plupart tournent autour des 18mn. Elles sont toutes construites en plusieurs parties facilement identifiables, que ce soit par un changement de style particulièrement marqué ou une accalmie frôlant le silence. On démarre avec le premier titre, d’abord très proche d’une musique classique en mêlant nappes de cordes et électronique dans de grands mouvements de vagues, avec une teinte légèrement mélancolique. On pense un peu à des musiques de films pendant les 7-8 premières minutes, avant d’aborder le 2ème mouvement, plus orchestral, avec montées de cuivres et cordes. La dernière partie couvre les 6 dernières minutes avec l’apparition de strates de guitares électriques et d’une superbe sonorité électronique nasillarde, du plus bel effet.
On rapprochera ce titre du 3ème remix qui débute lui aussi dans un style classique ponctué de glitchs, puis qui dans un 2ème temps semble intégrer des clarinettes ou flûtes et field recordings, pour déployer enfin ses composantes électroniques de façon assez brutale, semblant hésiter entre souffles et textures bruitistes. On retrouve donc toujours ici ce qui a fait le style même de Fennesz à savoir ce croisement de bruits et mélodies, entre musique expérimentale radicale et poésie.

Les remixes n°2 et 4 sont un peu différents. On est plus ici sur une lente évolution des éléments plutôt que sur des mouvements bien distincts. On débute dans un premier temps avec un mélange plus ou moins réussi de sonorités acoustiques et électroniques, à savoir des samples de Mahler et des nappes synthétiques. On préférera ici le remix n°4 dans lequel on distingue mieux l’oeuvre originale ponctuée de chœurs. Mais une fois les éléments en place, Fennesz vient plaquer ses accords de guitares brutes, incisives, alternant entre claquements secs et mélodies lumineuses. Certes, ce n’est pas désagréable, c’est même plutôt joli, mais on oublie alors complètement les instruments acoustiques et Mahler ne semble plus être qu’une ombre vague, un prétexte.

Ne boudons pas notre plaisir, ce Mahler Remix est fort plaisant et devrait faire plaisir au fans de l’Autrichien. S’il n’est pas parfait, cet album doit aussi être remis dans son contexte et on rappellera donc qu’il s’agit d’un live, d’un instantané.

Fabrice ALLARD
le 28/09/2017

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