De Mélatonine, nous n’avions qu’un souvenir, doublement lointain, d’un concert à la Guinguette Pirate en première partie d’Explosions in the Sky : lointain car nous étions placés au fond de la jonque, et lointain car il remonte à février 2004. Depuis, les membres se sont surtout consacrés à des projets parallèles (dont Zéro Degré, chroniqué à deux reprises sur ces pages) avant de revenir progressivement, prélude à un nouvel album à paraître tout prochainement. Avant leur montée sur scène, on put assister à la fin du set des Canadiens de Reuben and the Dark, adeptes d’une indie-folk pas inintéressante, groupe mené par le très charismatique Reuben Bullock.

Une fois mis en en place (en utilisant une partie du matériel de la formation précédente), les Messins livrèrent une heure de set dont le démarrage fut assez laborieux. En effet, quelques approximations sur certains morceaux furent à déplorer dans la première grosse demi-heure : sampler pas correctement lancé, hésitations du guitariste et du bassiste qui s’arrêtèrent en plein titre pour se concerter, tempo pas toujours tenu, etc… Face à ces difficultés, un spectateur se dévoua pour tenir la régie son et Mélatonine put délivrer son post-rock un peu plus sereinement, bien que les Français nous semblèrent assez raides et statiques dans leur expression, comme si la mécanique avait du mal à reprendre.

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Mélatonine

Alors qu’Alexandre Oury passait des baguettes aux mailloches, voire se saisissait de balais, il pouvait aussi livrer un quasi-solo de batterie quand ses deux comparses opérèrent en tremoli, Mathieu Lozinguez s’accroupissant même pour triturer ses pédales de guitare. Lorsque ce dernier se mettait à faire montre de davantage de virtuosité dans l’enchaînement rapide des mêmes arpèges, le trio se déplaça vers un math-rock reconnaissable dans ce schéma ultra-classique de la basse qui assène les deux mêmes notes répétées, au diapason des frappes sur les fûts, tandis que la six-cordes se charge de la mélodie.

Certainement plus convaincants, les passages plus saturés et plus tendus, proposés plus tard, permirent à la basse de Nicolas Tochet et à la guitare d’être grattées frénétiquement dans des accents plus fiévreux. Face à la petite vingtaine de personnes qui composaient le public, Mélatonine signa donc un concert de retour pas complètement concluant, mais que nous mettrons peut-être aussi sur le compte du style musical choisi qui, la réflexion nous vint pendant ce set, nous parut assez daté.

François Bousquet
le 26/09/2017

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18/02/2004
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(Le Kit Corporation, We Are Unique Records)