Bozar Electronic Arts Festival 2017 : Jóhann Jóhannsson / William Basinski

 date du concert

30/09/2017

 salle

Bozar,
Bruxelles

 tags

Bozar / Bozar Electronic Arts Festival 2017 / Jóhann Jóhannsson

 liens

Jóhann Jóhannsson
Bozar

 dans la même rubrique
14/11/2017
Thomas Tilly / BJ Nilsen
(Instants Chavirés)
13/11/2017
Christian Wallumrød Ensemble
(Dynamo)
09/11/2017
Matt Elliott
(Médiathèque Musicale de Paris)

La réduction de voilure du Bozar Electronic Arts Festival, évoquée dans notre chronique de la soirée de vendredi, était encore plus patente en ce samedi. En effet, historiquement, ce soit était dévolu à des propositions plus farouchement électroniques, avec fin de soirée presque club dans le Terarken. À l’inverse, cette année, deux concerts ambient et néo-classique étaient programmés dans la salle Henry Le Bœuf tandis qu’un troisième venait simplement compléter le plateau. Prévu à 20h30 dans le petit Studio, celui-ci s’est, comme la veille, vite retrouvé rempli si bien que nous ne pûmes y entrer et ratâmes donc le set de Phew.

Cela nous permit de mieux choisir notre place dans la grande salle puisque celle-ci fut rapidement rejointe par d’autres spectateurs (l’orchestre était plein, le premier balcon quasiment et des personnes étaient assises au second) pour assister au concert de William Basinski. Debout derrière ses machines, l’États-Unien présenta son set comme un requiem en hommage à David Bowie, divisé en deux parties. La première se fit nettement plus convaincante, avec le sentiment de se trouver face à des vagues ambient prenant progressivement de l’importance, avant d’être rejointes par des traits de violon quasi-saturés. En revanche, la seconde se fit trop atone ou uniforme, tout juste perturbée par quelques petits larsens ou glitchs d’arrière-plan. L’aspect un peu mystique de la prestation se trouvait, en outre, renforcée par le jeu de lumières, avec ces projecteurs venant du fond de scène et découpant la silhouette de Basinski. Tout était donc fait pour nous laisser croire que le musicien apparaissait dans cette lumière, avec son accoutrement à la fois légèrement ridicule et solennel (lunettes noires, veste à paillettes, cheveux longs et frisés).

JPEG - 70.6 ko
Jóhann Jóhannsson

Venu en habitué, Jóhann Jóhannsson faisait donc office de tête d’affiche de cette édition 2017 du Bozar Electronic Arts Festival, ce qui en dit, au passage, assez long sur l’évolution de cette manifestation puisqu’ « électronique » n’est pas nécessairement le premier qualificatif qu’on accolerait à la musique de l’Islandais et que celui-ci s’était déjà produit dans cette même salle en 2010. Comme à l’époque, il se plaça côté jardin, derrière son piano à queue tandis que l’ensemble de cordes bruxellois Echo Collective (familier de Stars Of The Lid, Dustin O’Halloran ou Christina Vantzou) se postait côté cour. Enfin, un dernier musicien, en fond de scène, se chargeait de la guitare électrique et des machines. Pendant l’heure que dura le set, on assista donc à un mélange entre tous ces instruments, ponctués de quelques apports électroniques, parfois lancés par Jóhannsson lui-même à l’aide d’un magnétophone à grandes bandes magnétiques.

Comblant aisément le public, les morceaux livrés ce soir nous parurent cependant, sentiment un peu trop récurrent au cours de cette édition du Festival, un peu trop homogènes, manquant de montée en puissance et des variations subséquentes. Certes avons-nous parfois, par le passé, reproché à l’Islandais de trop aller chercher l’émotion en insistant sur le crescendo des cordes ou l’entrée progressive des instruments mais, cette fois-ci, il nous parut verser dans l’excès inverse. Corroborant cette impression, l’ensemble nous sembla manquer d’ampleur, le son étant trop concentré autour du noyau dur des musiciens, sans véritablement occuper l’espace et le vaste volume qu’offre la salle Henry Le Bœuf. L’interprétation des cordes ou la participation de Glockenspiels ne furent pas à remettre en cause, à la différence peut-être de la posture toujours aussi « auteuriste » et mutique de Jóhannsson, mais on resta quoiqu’il en soit un peu extérieur à cette prestation.

François Bousquet
le 04/10/2017

À lire également

28/03/2010
Brussels Electronic (...)
(Bozar)
29/09/2017
Bozar Electronic Arts
(Bozar)
Hildur Guðnadóttir
Without Sinking
(Touch)
30/09/2004
Johann Johannsson / (...)
(Centre Pompidou)