Biennale Némo 2017 : Julien Desprez / Walter Dean

 date du concert

04/10/2017

 salle

Trianon,
Paris

 tags

Julien Desprez / Trianon

 liens

Trianon

Pour ouvrir cette nouvelle édition de la Biennale Némo (consacrée, cette fois-ci, au hasard et à la sérendipité), les organisateurs avaient choisi d’élire domicile au Trianon, vaste salle qui fut toutefois aisément remplie grâce à la venue du populaire Ben Frost. Ayant vu l’Australien cinq jours auparavant, à Bruxelles, nous ne restâmes pas pour sa prestation, concentrant donc notre recension sur les deux premiers concerts de la soirée.

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Julien Desprez

Installé dans la fosse (escamotée), au pied de la scène, Julien Desprez se situait dans un triangle délimité par de l’adhésif blanc, aux pointes duquel des rangées de lampes étaient disposées. Armé de sa guitare électrique, le Français joua sur le souffle et sur l’écho laissé entre chaque note semi-improvisée qu’il tirait de son instrument. Jeu ultra-rapide, frottement sur le manche, rasgueados, frappes sur la caisse de sa six-cordes ou tressautements sur l’arrière du manche lui permirent ainsi de parcourir un large spectre free. Apparurent alors des crachats électriques, poussées de saturation ou éclats de distorsion pendant que les lumières se calaient sur ces fragments, souvent de manière stroboscopique.

Au-delà de l’aspect un peu virtuose et bruitiste de cet ensemble, dénommé Acapulco Redux, Deprez fit montre d’un certain humour, quand il profitait des brefs noirs entre deux éclairages pour faire un quart de tour ou bien se déplacer très vite, surprenant alors le public par sa nouvelle position. Précisément, ce fut au cœur du public qu’il clôtura son quart d’heure de concert, déambulant avec sa guitare, pendant que son jeu s’orientait vers quelque chose de plus ambient.

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Walter Dean

Après une présentation générale de la Biennale par son directeur, Gilles Alvarez, un duo prit place sur scène, pour une prestation plus directement électronique qui eut toutefois du mal à débuter, du fait de plusieurs difficultés techniques. Une fois le set lancé, Walter Dean put développer une ambient assez compacte, parsemée de quelques crépitements ou glitchs appuyés. Chargé plus spécifiquement de l’aspect visuel, Guillaume Marmin lança des rais de lumière qui purent sculpter l’espace en créant des sortes de vagues sur les bordures du balcon du Trianon ou bien découper les silhouettes des deux intervenants, dans un dispositif très classique de ce type de proposition, et plus encore de la Biennale Némo. Mais comme le postulat de celle-ci est justement de croiser musique électronique et arts visuels numériques, il ne saurait leur être reproché.

Pour terminer leur demi-heure de concert, les Français intégrèrent des rythmiques plus marquées, notamment quand Jean-Baptiste Cognet frappa sa batterie électronique à l’aide de baguettes. Tandis que les lumières se faisaient de plus en plus enveloppantes, on nota ainsi une belle progression dans leur prestation, ce qui permit à tout le monde de dodeliner de la tête au gré des beats.

François Bousquet
le 06/10/2017

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