Dans la Solitude des Champs de Coton

 auteur

Bernard-Marie Koltès

 metteur en scène

Charles Berling

 date

du 12/10/2017 au 22/10/2017

 salle

Théâtre des Quartiers d’Ivry,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Bernard-Marie Koltès / Théâtre des Quartiers d’Ivry

 liens

Théâtre des Quartiers d’Ivry

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Venir voir Dans la Solitude des Champs de Coton au Théâtre des Quartiers d’Ivry, installés depuis un an dans la Manufacture des Œillets (juste à côté du Crédac), c’est immanquablement convoquer le souvenir de la mise en scène de Patrice Chéreau de 1995. Sans l’avoir vue à l’époque, nous en connaissons quelques images et savons combien le fait d’avoir monté cette pièce de Bernard-Marie Koltès dans cet environnement a compté. Plus de vingt ans plus tard, ce même texte retrouve donc le chemin d’Ivry-sur-Seine, dans une lecture que Charles Berling souhaite évidemment différente, déjà par le fait qu’il ait choisi de confier le rôle du Dealer à une femme et d’opter pour une disposition traditionnelle, et non bifrontale.

La pièce de Koltès, rencontre entre ce Dealer et son Client, se constitue de suites de longues tirades, formant une sorte d’affrontement entre ces deux personnages dont le premier se trouve sur le chemin du second (à moins que ce ne soit le second qui ne soit délibérément allé chercher le premier). Mais, ici, l’affrontement tourne un peu court car Berling, dans le rôle du Client, joue très en-dessous et dans un registre nettement moins vindicatif que Mata Gabin, dans celui du Dealer : c’est elle qui monte les escaliers, qui utilise un praticable situé en hauteur, regarde de haut, tandis que, lui, s’accroupit, garde ses distances, pleurniche presque. Pendant qu’elle insiste sur les adverbes, très présents dans l’écriture de Koltès, découpant fortement et ostensiblement les mots, ou bien joue avec accentuation sur l’expressivité de son visage, lui semble apeuré, presqu’intimidé.

L’asymétrie qui en résulte, combinée à la disposition évoquée plus haut, peut laisser un rien extérieur à la pièce car, même si Berling fait valoir que le Client vient du public, que ce dernier doit être considéré comme le troisième personnage du spectacle, on se situe en toute hypothèse dans un rapport plus frontal. Les hauts murs de béton, la présence des enseignes lumineuses et les poutrelles d’acier apparentes permettent assurément d’ancrer le texte dans une forme de réalisme (en même temps qu’ils renvoient intelligemment à l’environnement industriel immédiat du lieu ivryen), mais se font peut-être aussi trop imposants, écrasant des personnages (dont Le Client) qui n’en avaient pas forcément besoin. Demeure pourtant la complexité du texte initial, récit de rapports humains où tout est fondé sur le négoce, auxquels la mise en scène ajoute, du fait de cette présence féminine, une strate sexuelle faisant inévitablement se relier Éros et Thanatos.

Autres dates :
-  2 novembre 2017 : Liberté - Toulon
-  du 8 au 10 novembre 2017 : Théâtre du Gymnase - Marseille
-  18 novembre 2017 : Carré - Sainte-Maxime
-  24 novembre 2017 : Théâtre le Forum - Fréjus

François Bousquet
le 19/10/2017

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