Festival Soy #15 : Larsen / Jessica Moss

 date du concert

26/10/2017

 salle

Lieu Unique,
Nantes

 tags

Festival Soy #15 / Lieu Unique

 liens

Lieu Unique
Festival Soy #15

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Après avoir parcouru les hectomètres séparant le Musée d’Arts du Lieu Unique, on monta à l’étage pour prendre place dans le foyer haut, espace jouxtant le Grand Atelier, doté d’un bar en fond de salle et d’une estrade à même de pouvoir accueillir les concerts du soir. Cette soirée du Festival Soy était placée sous le signe du post-rock et, de fait, put explorer différentes veines de ce style musical, du plus dépouillé au plus voisin du métal.

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Larsen
(photo Caroline Chaffiraud)

Chargés de commencer, les Italiens de Larsen délivrèrent un post-rock alternant entre titres lancinants, quasi-doom et passages plus enlevés. Ces derniers se montrèrent les plus convaincants, notamment un titre dans lequel Fabrizio Modonese Palumbo abandonna sa guitare pour se saisir d’un violon électrique, tandis que Paolo Dellapiana jouait du thérémine. Sur les autres morceaux, ce dernier opérait aux machines et clavier, agissant en leader de la formation transalpine, pendant que les deux guitaristes et le batteur structuraient les compositions de leurs interventions. Dans un contexte marqué par une belle tension, et même si on pouvait regretter que certains titres ne se soient pas déployés sur une minute et demie ou deux minutes supplémentaires, on tenait assurément là une belle découverte (bien que le groupe compte vingt ans d’existence).

Celle-ci ne fut même pas gâchée par la présence d’un accordéon, instrument d’ordinaire assez pénible, mais qui, ici, sonna presque comme un mélodica. Pour varier lui aussi sa participation, Marco Schiavo délaissa sa batterie pour jouer du métallophone, avant d’attraper les lames de cet instruments dans sa main et de les lâcher progressivement au sol, l’une sur l’autre, dans un bruit entre fracas et crépitement mélodique. De toute évidence, cette prestation aboutie de Larsen constituait une bonne explication à notre goût pour les festivals comme Soy, à même de nous mettre en face de propositions que ne nous serions probablement pas allés voir, mais qui nous emballent diablement.

Le matériel de Larsen débarrassé, Jessica Moss put prendre place. Connue comme membre d’A Silver Mt. Zion, et comme invitée sur plusieurs disques de cette scène canadienne, la violoniste exerce aussi en solo, et vient de publier (sur Constellation, évidemment) un premier album. Alors qu’elle se promenait pieds nus sur scène (probablement le moyen le plus aisé pour manipuler pédales et potentiomètres), la musicienne invita tout le monde à s’asseoir par terre. Une écoute rapide de certains morceaux de son long-format nous laissait craindre des soli de violon sans fin, d’autant plus que la jeune femme annonça deux longs morceaux de vingt-cinq et vingt minutes. En réalité, si l’instrument occupa bien le début de chaque titre, il laissa place, ensuite, à des vocalises et autres nappes, instrumentales cette fois, pour des résultats proches d’une certaine ambient-folk, ou d’un post-rock minimaliste comme le spécifiait le programme.

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Jessica Moss
(photo Caroline Chaffiraud)

Le premier temps de ce concert fut consacré à la thématique du voyage, alors que le second était centré sur l’intrication quantique, ce phénomène physique par lequel deux particules sont enchevêtrées (ce qui arrive à l’une, arrive aussi à l’autre), mécanisme que Jessica Moss relia évidemment à l’amour mais aussi, plus généralement, à la connexion entre les êtres. Musicalement, il s’agissait, d’une part, de privilégier l’ampleur et, d’autre part, les frottements de notes ou de matériaux. Avec ce set où la Canadienne n’hésita pas à livrer quelques dissonances (jamais désagréables, au demeurant) et se distingua par des attaques de notes graves de son violon un peut trop franches et malaisantes, on tint là une très bonne continuation de soirée.

Celle-ci allait prendre un tout autre tour pour finir (nous fîmes, en effet, l’impasse sur le concert de Jessica93) avec la performance de Big ‡ Brave, trio canadien qui était en tournée européenne commune avec Jessica Moss (à se demander si l’équipe du festival ne s’était pas fait imposer le package complet). Puisqu’il fallait donc envisager une large palette du champ post-rock, le trio se chargea du noise, aux confins du métal, propre à ravir les spectateurs qui s’étaient glissés aux premiers rangs, à même de pouvoir faire du headbanging en paix. En effet, pendant que Mathieu Bernard Ball plaquait de très lourds accords de guitares et renforçait ses larsens en collant sa six-cordes à son ampli, Robin Wattie lâchait quelques bribes de chant en même temps qu’elle officiait à la guitare, et Louis-Alexandre Beauregard frappait martialement sa batterie. Devant de tels déluges sonores, nous baissâmes pavillon pour ce jour.

François Bousquet
le 31/10/2017

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