Alexandra Bircken : Stretch

 date

du 08/09/2017 au 17/12/2017

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Alexandra Bircken / Crédac

 liens

Crédac

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L’exposition que le Crédac offre à Alexandra Bircken combine les tropismes du lieu pour l’Allemagne (l’institution échange régulièrement avec les Kunstverein) et pour les artistes féminines pas forcément très en lumière. Les croisements se révèlent d’ailleurs être également un des sujets d’étude de l’artiste, mixant régulièrement matières et sujets, pour faire naître des objets métis, que la feuille de salle renvoie au cyborg ou au replicant.

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Vue de l’exposition

De fait, la grande salle du lieu ivryen se trouve constellée de propositions dans lesquelles le champ lexical lié à la locomotion (combinaison de motards, mannequins représentant ces mêmes motards et engins à deux-roues) connaît des hybridations : découpe longitudinale ou dans la largeur, apposition d’un patchwork, disposition sur un échafaudage, etc… Entre reliques d’accidents (les combinaisons sont déchirées, les mannequins recousus, les motos laissent voir leurs entrailles) et sanctuarisation à la façon de trophées ou de peaux de bêtes (les combinaisons tendues au mur après avoir été découpées), ces créations impriment à la fois une forme de distance et un effet post-réel plutôt saisissant. Accompagnées d’armes elles aussi scindées en deux longitudinalement, elles composent un ensemble assurément générateur d’images et de réflexion.

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Vue de l’exposition

Servies par une scénographie redoublant le propos (les deux principaux murs sont recouverts d’un miroir, comme pour souligner encore la mise en symétrie des objets ainsi découpés), les œuvres d’Alexandra Bircken semblent parfaitement se passer de l’humain. Au reste, lorsque des parties du corps sont représentées, l’hybridation continue : sculpture en bronze d’une poupée gonflable, moulage de fesses et vagin dans le même matériau, croisement de deux rangées de cheveux avec un ski… Moins convaincante dans ce registre, assez commun finalement, l’Allemande sait, en revanche, habilement entrelacer les matériaux et les sujets, à l’instar de ses Big Ugly Fat Fellows, gros cylindres noirs de mousse qui pourraient être des sex toys géants mais sont, en réalité, des répliques de bombes, renvoyant aux Uzi et Kalachnikov rendus inoffensifs parce que démantibulés.

François Bousquet
le 27/11/2017

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