Pierre Paulin : Boom Boom, Run Run

 date

du 21/09/2017 au 17/12/2017

 salle

Le Plateau / FRAC Île-de-France,
Paris

 appréciation
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Le Plateau / FRAC Île-de-France / Pierre Paulin

 liens

Le Plateau / FRAC Île-de-France

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Après l’avoir croisé à plusieurs reprises dans des expositions collectives (encore au printemps dernier, à la Fondation d’Entreprise Ricard), on était plutôt intéressé a priori par l’exposition personnelle que lui consacre le FRAC Île-de-France au Plateau, lieu où, d’ailleurs, on avait vu des œuvres du Français pour la première fois. Dans la lignée de la veste bleue nuit vue en mars, Pierre Paulin (rien à voir avec le designer du même nom) propose ici plusieurs suites de vêtements, posés sur des barres fixes semblables à celles qu’on trouve dans les salles de danse. Blanches, bleues nuit, noires ou réversibles, ces tenues se trouvent doublées de texte sérigraphié, manière de relier habits et langage. Il nous est alors pointé que l’individu peut ainsi se singulariser, avec ces tenues insolites mais aussi jouer une sorte d’uniformisation, par le jeu des marques (les vêtements sont des reproductions d’habits du jeune homme) auquel renvoient aussi une boîte Adidas dans laquelle trône une dubplate, le « boom » qu’on entend pendant tout le parcours et qui est une captation du bruit du ballon de basket que Michael Jordan faisait rebondir dans une publicité Nike en 1995, ou encore la « main chaude », cet outil qu’utilisent les gantiers pour confectionner leurs accessoires.

Vue de l’exposition

Mais, au-delà de ces attaches aux marques, le travail sur le texte et les signes intéresse surtout Pierre Paulin, texte pris tant pour son contenu (un essai est distribué à l’entrée de l’exposition, essai qui se trouve lu dans deux vidéos finales) que pour son graphisme et son aspect plastique (l’imprimé à l’intérieur des vêtements, donc, mais aussi les cylindres de rotogravure qu’on croise au détour d’une salle). Pour autant, à force, les propositions du Parisien se montrent trop répétitives et sa volonté se fait trop marquée de surligner le propos (ou d’enfoncer le clou, puisque les « boom » peuvent être perçus comme des coups de marteau, assénant l’intention). De fait, le parcours se trouve rythmé par des œuvres itératives (vêtements déjà cités, photographies d’un contorsionniste revêtu de ces mêmes habits, pièce sonore), nous laissant penser que le corpus de Paulin était probablement suffisant pour une galerie ou une salle dans une exposition collective, mais peut-être un peu court pour une présentation solo en institution.

François Bousquet
le 03/12/2017

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