The Cray Twins

The Pier

(Fang Bomb / Import)

 date de sortie

21/03/2016

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Expérimental / Field Recordings

 appréciation

 tags

Ambient / Drone / Expérimental / Fang Bomb / Field Recordings / The Cray Twins

 liens

Fang Bomb
The Cray Twins

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The Cray Twins n’est pas le projet de jumeaux mais de Gordon Kennedy et Paul Baran. Le premier, plus discret, apparaissait comme co-producteur des 2 précédents albums du second. En effet Paul Baran a déjà sorti 2 productions chez Fang Bomb, Panoptic en 2009 et The Other en 2014 dans un registre assez difficile à décrire, à l’image de cet album que l’on est tenté de qualifier d’expérimental tout en étant particulièrement sensible.

Vue dans son ensemble, la musique du duo peut être qualifier d’ambient expérimentale, avec une teinte généralement sombre, un peu inquiétante, mais tout en restant bien loin du genre dark ambient. Et comme pour se distinguer encore un peu plus, The Cray Twins fait appel à des collaborateurs de renom puisque l’on retrouve sur cet album les improvisateurs Lucio Capece et Ken Vandermark, mais aussi Jos Smolders et BJ Nilsen.
L’album est riche, varié, et surprend donc par sa façon de mêler improvisations acoustiques et ambiances électroniques, à commencer par Torshavn que l’on croirait sorti de la BO du dernier Blade Runner. À ce titre on pourra le rapprocher de Seafar et A Boy dont les voix semblent provenir d’humanoïdes. C’est futuriste, inquiétant, habité et moite avec a priori l’apparition de field recordings. On notera également l’utilisation régulière de voix ou chœurs, légèrement évoqués ici, bien réels sur Fianuis 10, Harbour ou encore Song from a Black House conférant à ceux-ci une coloration tour à tour fantomatique ou franchement religieuse. L’accompagnement est alors un mélange de nappes, de souffles, de tourbillons électroniques, de résonances métalliques ou minérales, de crépitements et percussions improvisées.

Si c’est généralement beau et particulièrement mystérieux, on retiendra surtout la trilogie Duao. L’approche est un peu différente, jouant sur Duao 1 entre la rugosité de textures et déchirures bruitistes et des nappes mélodiques cristallines. Absolument magnifique, les deux éléments finissent par fusionner dans un final puissant.
Ce sont ces nappes cristallines qui servent de fil rouge et que l’on retrouve donc sur Duao 2. Plus subtile, avec un contraste moins fort, on retrouve encore une voix féminine robotique, et des field recordings, peut-être la bande son d’un film ou documentaire. Duao 3 est un remix de BJ Nilsen de près de 10mn, qui brouille d’abord un peu les pistes avant de laisser s’exprimer ces nappes mélodiques pour une belle conclusion ambient.

Globalement du très beau travail, le genre d’artiste que l’on aura à coup sur plaisir à retrouver dans le futur.

Fabrice ALLARD
le 23/12/2017

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