1997EV

Love Symposium Alien Spider

(Boring Machines / Internet)

 date de sortie

08/04/2017

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Psyché Rock

 appréciation

 tags

1997EV / Boring Machines / Expérimental / Psyché Rock

 liens

Boring Machines
1997EV

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On découvre tout juste ici le projet de Andrea Ev alors qu’il commençait à composer à la fin des années 90 (certainement en 1997 d’ailleurs...). Ses productions étant éditées sur des labels qui nous sont inconnus (dont 3 chez Reue Um Reue), c’est grâce à cette apparition sur la structure italienne Boring Machines que l’on découvre cet artiste italien dont le travail est décrit comme psychédélique, post-apocalyptique, comme un croisement entre une transe improvisée et une pop-folk à la fois cosmique et industrielle.

En fait ce disque est très rapidement un coup de cœur, grâce à ce Drysun Acid qui donne tout de suite le ton. Des drones de guitare et une boucle de percussions minimaliste, et de fins grésillements qui montent doucement composent l’essentiel de cette pièce d’une petite dizaine de minutes. Le son est organique, la composition est mécanique, le mélange prend bien dans une ambiance que l’on peut effectivement qualifier de post-apocalyptique. L’autre élément important c’est la voix qui, au fil de l’album, va explorer divers registres, mais qui s’exprime ici sous forme de murmures robotiques et de scansions monocordes, elles aussi sombres et mécaniques.
Un parti pris très fort dès le début, mais la suite de l’album nous paraîtra un peu plus classique. Le ton reste le même, grave, lourd, fataliste, mais la composition est plus classiquement rock par exemple sur Magnetospleen, tant un niveau du jeu de guitare, plus mélodique, que de la batterie, répétitive mais plus riche que sur Drysun Acid.

On passera rapidement sur quelques interludes dont Post-Organic Lullaby et ses orgues mélodiques envoûtants ou Oceanic avec ses guitares aux airs de "déjà entendu" et son spoken word monocorde pour arriver sur l’étonnant Ologramatic avec lequel 1997EV montre qu’il est tout à fait capable de composer aussi une chanson pop. Là encore on a l’impression d’entendre une reprise, un air connu et un son de guitare 80s. Il y a peut-être un peu de Nick Cave dans cette musique.
On s’attardera ensuite sur les près de 12mn de Black Christine, une longue errance nocturne marquée par des guitares graves et menaçantes, des voix fantomatiques et des percussions qui tiennent autant de la programmation robotique que de l’improvisation. L’auditeur est confronté ici à une machinerie implacable et la petite mélodie que l’on croirait tirée d’une boite à musique ne fait qu’ajouter à l’ambiance malsaine de la pièce. La conclusion se situe dans cette lignée, accentuant l’aspect improvisé sur Sleepstone, avec une voix qui semble tirée d’un vieux film de SF, posée sur un mélange de nappes, de textures, d’ondes radio et de sonorités acoustiques.

Une production qui trouve très logiquement sa place au sein du catalogue de Boring Machines, que l’on conseillera à tout amateur de musiques psychédéliques, d’expérimentations électroniques, voire d’un post-rock qui sort des sentiers battus.

Fabrice ALLARD
le 26/12/2017

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