Prix Marcel Duchamp 2017

 date

du 27/09/2017 au 08/01/2018

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou / Vittorio Santoro

 liens

Centre Pompidou

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Comme l’an passé, le Centre Pompidou accueille les nommés au Prix Marcel Duchamp pour une présentation d’une création par artiste (ou duo d’artistes) et une tentative de mettre en lumière une forme de dialogue entre ces propositions. Cet exercice toujours compliqué est partiellement réussi par le commissariat d’Alicia Knock, grâce à la disposition de la Galerie 4, divisée en deux espaces, le premier étant globalement dévolu à la politique et le second à l’archive.

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Maja Bajevic - Sous les plantes les plages
(courtesy Galerie Michel Rein)

En pénétrant dans les lieux, le visiteur se trouve face à une grande installation de Maja Bajevic, voulue comme une sorte d’île, faite de terre et de bribes de végétation, sur laquelle des ampoules clignotent, reproduisant en « morse lumineux » des textes relatifs à l’utopie politique, faibles souvenirs d’idéaux aussi en jachère que l’est le terreau-socle de cette œuvre. Nettement plus ascétique dans son déploiement, Vittorio Santoro suspend une planche au plafond, dispose une lame de guillotine à une fenêtre et accroche un drapeau au fond de la salle (ce même drapeau, doté d’un aphorisme, qu’il demande à huit personnes d’accrocher dans Paris sur des façades d’immeubles). Dans la continuité des travaux déjà vus du Suisse, il s’agit donc de gestes au caractère allusif, au propos sous-jacent certain mais dont la traduction concrète peut être marquée par une dimension hermétique.

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Joana Hadjithomas et Khalil Joreige - Unconformities
(courtesy Galerie In Situ-Fabienne Leclerc)

Lauréats du Prix (nous aurions fait, un peu par défaut, le même choix), Joana Hadjithomas et Khalil Joreige se sont attachés à l’histoire de Paris, Athènes et Beyrouth, en exposant des carottages issus de fouilles dans les sous-sols de ces trois villes. Présentés dans des tubes de verre, ces fossiles sont, par ailleurs, détaillés sur des rubans de papier qui permettent d’identifier les types de pierre, de visualiser les limons et, subséquemment, d’effectuer un voyage dans le temps tout à fait stimulant. Remontant un peu moins loin, Charlotte Moth a excavé quatre sculptures du fonds du Musée d’art moderne de la Ville de Paris, présentées telles quelles, simplement illuminées indirectement par une lumière rebondissant sur un disque en laiton. Ici encore, et c’est fort probablement la limite de l’ensemble de l’exposition, la proposition vaut davantage par son apport scientifique et historique que par son aspect esthétique et plastique.

François Bousquet
le 18/12/2017

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