L’Autobus

 auteur

Stanislav Stratiev

 metteur en scène

Laurence Renn Penel

 date

du 09/01/2018 au 11/02/2018

 salle

Théâtre 13,
Paris

 appréciation
 tags

Stanislav Stratiev / Théâtre 13

 liens

Théâtre 13

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Présentée comme la pièce bulgare la plus célèbre et la plus jouée internationalement, L’Autobus avait été monté en 2007 au « off » d’Avignon par Laurence Renn Penel qui la reprend avec la même troupe une dizaine d’années plus tard. Écrit en 1980, le texte de Stanislav Stratiev se voulait une allégorie du régime communiste avec cette histoire d’un omnibus dont les neuf passagers sont comme pris en otage par un conducteur invisible qui, délibérément mais sans véritable explication, détourne le véhicule de son trajet régulier.

Cette situation entraîne alors les personnages dans leurs extrémités les plus poussées : mesquineries, veuleries, manipulations, coups bas et coups portés jusqu’au lynchage. Chacun tente de trouver une justification au comportement du chauffeur et même à son propre comportement, avant d’échafauder des plans pour raisonner le conducteur et ses congénères. Partant, chacun s’épie, chacun se surveille puisque « l’inspection est la forme suprême de la confiance » comme l’assène un petit homme bouffi de prétention et de complexes. Pour servir ce texte, la mise en scène en rajoute dans le burlesque et demande à ses comédiens d’enchaîner acrobaties et mimiques clownesques, les amenant même à effectuer leurs petits sauts sur leurs sièges une demi-seconde avant que l’armature métallique figurant l’autobus ne se secoue véritablement.

Au-delà de ce point de détail, c’est la totalité du spectacle qui nous a paru forcée : du texte trop ouvertement métaphorique (chaque personnage est essentialisé, dans une logique caricaturale) au jeu des acteurs qui n’oublient aucune grimace ou aucun éclat de voix, en passant par l’adaptation de la traduction originelle qui fait montre d’anachronismes en mettant un langage très contemporain dans la bouche de personnages des années 1980, ou encore par la mise en scène qui empile les effets de lumière, de fumée et de bruits de klaxon pour figurer le mouvement. Si le propos politique affleure par endroits, nous retiendrons surtout une forme de naïveté d’ensemble, probablement typique de ce registre de l’absurde qui, en toute hypothèse, n’a guère nos faveurs.

François Bousquet
le 15/01/2018

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