enzym & Jonathan Chauvin

 date du concert

17/02/2018

 salle

Médiathèque Musicale de Paris,
Paris

 tags

Enzym / Médiathèque Musicale de Paris

 liens

Enzym

Riche actualité en ce début d’année pour enzym : il y a deux semaines, le Français donnait un showcase aux Balades Sonores, afin de présenter Archaebacteria, son premier album publié chez Stuk, tandis qu’en parallèle, il réactive son duo avec Jonathan Chauvin, actif depuis une dizaine d’années mais aux développements épisodiques. Si ces pages n’avaient pas relaté le mini-concert de la boutique de disques du neuvième arrondissement, dans lequel le jeune homme proposait une electronica pouvant même aller flirter aux confins de la deep house, il convient de s’arrêter sur la prestation du duo. Réalisée un samedi après-midi, devant une trentaine de personnes, dans le cadre toujours vivace de la Médiathèque Musicale de Paris, la petite heure de set intervint donc en écho avec celle chroniquée ici en 2010, qui mettait déjà aux prises les deux musiciens.

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Sortant d’une nouvelle résidence au Château Éphémère de Carrières-sous-Poissy, enzym et Jonathan Chauvin en ont profité pour travailler plusieurs morceaux et renforcé leur entente musicale. Les partitions d’oud ou de saz du second sont ainsi parfaitement introduites, délivrées quasiment frontalement au public, à peine repiquées par un micro, samplées avec précision par Louis Pierre-Lacouture, mises en dialogue avec les mélodies tintinnabulantes ou oniriques provenant des composants électroniques de ce dernier.

Penché sur ses machines (clavier, contrôleur, laptop), celui-ci concoctait des petites constructions fragiles, empreintes d’une réelle grâce, à la fois par le mélange entre ses sonorités synthétiques et celles, acoustiques, de son compère, mais aussi par la conjonction entre mélodies (qu’elles soient données par l’un ou l’autre des musiciens) et rythmiques. Se retrouvant en solo sur un morceau, au milieu du concert, enzym en profita pour s’installer au piano droit, tournant alors le dos à l’assistance et combinant ses accords et notes esseulées avec une electronica grésillante du plus bel effet.

Comme lors du showcase des Balades Sonores, on ressentit toutefois une légère forme de frustration, due au fait que la mise en place achevée, et les rythmiques installées, les systèmes n’étaient reconduits que sur des séries de quatre ou huit mesures, là où on aurait aimé un déploiement plus ample et une prolongation des phases plateau des morceaux. Pour autant, et le rappel avec son duo oud-piano le démontra, on fut emballé par la variété de la palette présentée par les deux musiciens, capables d’aller vers des atmosphères de tous ordres, inspirées par les harmonies arabisantes des instruments à cordes ou par les tonalités plus occidentales de l’électronique.

François Bousquet
le 20/02/2018

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