Hoël Duret : Too Dumb To Fail

 date

du 18/01/2018 au 17/03/2018

 salle

Galerie Édouard-Manet,
Gennevilliers

 appréciation
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Galerie Édouard-Manet / Hoël Duret

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Adepte des fictions et des propositions destinées à susciter l’imaginaire du spectateur, Hoël Duret en fait une nouvelle démonstration avec Too Dumb To Fail, exposition personnelle que lui offre la Galerie Édouard-Manet de Gennevilliers. Bien qu’on ait déjà croisé son nom ici ou là, on n’avait pas encore eu l’occasion de recenser ici le travail du Nantais qui, cette fois-ci, part d’un reportage, en mode gonzo, effectué par Harvey, journaliste envoyé sur un paquebot. Chargé d’y « pondre une nouvelle », le trentenaire y navigua dans les Bahamas, jusqu’à, pour le fun ou l’excitation du geste, saboter le bateau et le faire échouer.

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Vue de l’exposition

Avec un tel scénario, on pouvait s’attendre à beaucoup de choses pour sa retranscription plastique et Hoël Duret prend le parti de narrer le passage sur le paquebot d’Harvey, avec force installations et sculptures chargées de figurer les attributs de ce type d’embarcation et de croisière : créations en laiton renvoyant à des sèche-serviettes (Dryer), tringles (Hanger) ou paravents, miroirs noirs paraissant se moquer des glaces qu’on trouve dans toutes les chambres et dans de nombreux espaces de circulation de ces paquebots (série des Wall Mounted Black Mirror), boules de verre soufflées semblables à des pare-battages (série des Sick Pipes), etc… Plus encore, la vidéo The Gig montre une chanteuse peroxydée et fatiguée et un musicien au synthé et lunettes noires, reprenant péniblement Only You, scie 80’s du groupe Yazoo.

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Standing Black Mirror #1
(courtesy de l’artiste)

Au-delà de cette avalanche de clichés détournés, l’ensemble se fait d’un kitsch débordant, parfaitement raccord avec ce type de croisière : matériaux clinquants, filtres solarisés sur les vidéos-portraits du barman ou du capitaine, présence d’un spectateur à chemise à fleurs sur le film du concert, camaïeux turquoise, violet et fuschia. À la différence de plusieurs propositions de ce registre, l’ironie ne semble cependant jamais, chez Hoël Duret, prendre le pas sur la sincère volonté de retracer une expérience fictionnelle, certes un peu railleuse mais jamais méprisante. Pour s’en persuader, il suffit de constater la minutie mise dans la réalisation de certaines créations comme celles en verre soufflé, ou bien le soin apporté (grâce, notamment aux rideaux noirs délimitant l’espace) à ce que le spectateur se trouve en totale immersion dans cette péripétie illusoire.

François Bousquet
le 22/02/2018

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