Nils Frahm

All Melody

(Erased Tapes / Import)

 date de sortie

26/01/2018

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Néo-Classique

 appréciation

 tags

Erased Tapes / Expérimental / Néo-Classique / Nils Frahm

 liens

Nils Frahm
Erased Tapes

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Devenu une vraie star de la musique néo-classique, systématiquement cité comme référence en la matière, en tournée dans des salles de plus en plus grandes (et pour des prix de plus en plus élevés), instigateur de manifestations comme le Piano Day, Nils Frahm a surtout été recensé, sur ces pages, pour des concerts donnés entre 2009 et 2014. À côté de cela, seul l’un de ses albums solo a été chroniqué ici tandis que quelques autres projets nous ont permis d’écrire à son sujet (travaux avec Peter Broderick ou FS Blumm). L’idée que le jeune homme n’avait plus besoin de soutien d’une publication comme la nôtre avait alors fini par s’ancrer, en même temps qu’une lassitude de notre part à l’endroit des propositions de piano solo. Pour autant, quand on apprit qu’avec All Melody, Frahm avait injecté une bonne partie d’électronique, cela sembla constituer une bonne raison pour reprendre l’attache du musicien.

Et, de fait, ce nouvel album voit l’Allemand ne pas se consacrer à son seul piano acoustique et convoquer un certain nombre de claviers : mellotron, synthétiseurs, célesta, harmonium, orgue… Cette richesse apporte une coloration plus cotonneuse et plus chaleureuse à la fois (Momentum), tandis que, dans le même temps, la participation de rythmiques électroniques installe une forme d’ambiance dance languide assez intéressante, au déploiement croissant à mesure que la polyrythmie s’installe (le morceau-titre). Ces cadences électroniques peuvent même aller jusqu’à laisser sur le bord de la route toute prétention mélodique (au sens de construction de lignes chromatiques mémorables) pour y préférer des développements purement sensoriels et impressionnistes (le convaincant #2, bien que son dernier tiers s’égare un peu dans des montées de synthés trop datées).

S’il demeure certaines pistes de pur néo-classique, empreintes de toute l’intensité un peu affectée de ce registre (My Friend The Forest, voire Forever Changeless), ou quelques moments démonstratifs d’une forme de bravoure un peu vaine (le jeu rapide du marimba de Sven Kacirek sur Kaleidoscope), cette volonté d’aller se placer dans une zone un peu nouvelle est pleinement louable. En parallèle, l’inscription dans la durée de la plupart des titres (les neuf minutes de Sunson, par exemple) permet d’emmener l’ensemble dans des rivages plus proches du jazz, inspirations non démenties par l’introduction progressive des (nombreux) instruments interprétés par Nils Frahm lui-même. À côté de cela, l’Allemand s’est donc entouré de plusieurs invités qui peuvent également tirer les compositions aux confins du mystique (Human Range marqué par la trompette de Richard Koch, les percussions de Tatu Rönkkö et la chorale Shards) ou bien d’un dub langoureux (A Place, avec le même percussionniste, la même chorale ainsi que l’alto de Viktor Orri Árnason).

Avec ses soixante-douze minutes, All Melody confirme donc globalement la rumeur très positive à son endroit même si ses qualités (multiplicité des présences, durée d’ensemble, variété du répertoire) peuvent aussi s’avérer des limites, et qu’une forme plus concentrée aurait parfois été préférable.

François Bousquet
le 01/03/2018

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