Bernhard Fleischmann

Stop Making Fans

(Morr Music / La Baleine)

 date de sortie

02/02/2018

 genre

Electronique

 style

Electro / Pop

 appréciation

 tags

Bernhard Fleischmann / Electro / Morr Music / Pop

 liens

Bernhard Fleischmann
Morr Music

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Alors qu’il nous avait habitués, pendant les années 2000, à livrer alternativement des albums studio et des souvenirs de lives, il aura fallu cinq ans et demi à Bernhard Fleischmann pour sortir un nouvel effort, que nous rangerons dans la première catégorie précitée et qui vient donc rompre cette alternance. De fait, Stop Making Fans se compose de douze morceaux enregistrés à Vienne, avec quelques invités au chant, à la guitare ou à la batterie, mais surtout caractérisés par un virage électro-pop assez marqué. Le tempo se fait ainsi plutôt élevé, les instrumentations appuyées et le chant présent tout au long du disque (à une exception près).

La forme de mélancolie qui distinguait, précédemment, les titres de l’Autrichien se trouve ici globalement disparue, au profit d’une approche plus frontale et immédiate. Celle-ci peut conduire à des résultats assez intéressants quand, par exemple, les paroles sont mises en boucle (Here Comes The A Train) ou quand la voix du musicien se mêle à celle de Gloria Amesbauer (la semi-ballade The Pros Of Your Children et It’s Not Enough, convaincant dans ce duo vocal mais nettement moins probant quand Fleischmann proclame, tel un robot, « Some things just can’t get old »). Mais, pour une bonne part, l’album s’avère décevant, trop chargé en composants électroniques, trop riche voire ampoulé (We´ve Heard The Talking Heads Talking) ou trop banal dans ses développements (You´re The Spring, There Is A Head ou encore le morceau-titre).

Sont également présents deux instrumentaux en milieu de disque : Wakey Wakey, titre pressé et porté par une guitare électrique sur laquelle les doigts tricotent, et Hand In, pièce longue de plus de sept minutes à la construction progressive. Mais, là encore, la tonalité d’ensemble nous paraît trop primesautière, trop remplie et aux consonances trop ouvertement « pop » pour dépasser le stade du plaisir fugace et aussitôt oublié. Pour celui qui a tant aimé les enregistrements du Viennois dans les années 1990 et 2000, on se tournera alors vers Little Toy (sorte d’electronica-jazz savoureuse, dans laquelle la batterie de Valentin Duit se joint habilement aux composantes électroniques et au piano interprétés par Fleischmann lui-même) et vers le conclusif Endless Summer (autre instrumental à l’échafaudage croissant et baigné d’une belle lueur diaphane). Parions que cette position caudale s’apparente à une promesse pour un prochain album qui saurait nous contenter intégralement.

François Bousquet
le 07/03/2018

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