Derek Piotr

Drono

(Line / Metamkine)

 date de sortie

10/06/2016

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Expérimental

 appréciation

 tags

Ambient / Derek Piotr / Drone / Expérimental / Line

 liens

Line
Derek Piotr

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On avait déjà croisé Derek Piotr en 2014 sur le label polonais Monotype Records avec son 4ème album intitulé Tempatempat, sans le retenir pour en faire une chronique. On se rattrape donc ici son 6ème album publié cette fois chez Line afin de découvrir le travail de ce jeune compositeur polonais, âgé de seulement 25 ans.

25 ans et un CV déjà bien rempli puisque le jeune homme a déjà travaillé avec Scanner, Blevin Blectum, ou encore AGF avec qui il partage une passion pour l’utilisation de la voix, cette voix qui donnait une teinte pop expérimentale à Tempatempat et qui nous a peut-être éloigné de ce disque. En effet cette dimension est complètement effacée sur ce nouvel album qui s’inscrit plus logiquement dans la ligne du label de Richard Chartier.
Le titre était d’ailleurs annonciateur de ce virage et la musique du Polonais partage effectivement quelques caractéristiques du drone, à commencer par des pièces qui peuvent s’étaler sur 16-17mn. Mais il ne s’agit pas ici de drone comme on est habitué à en croiser depuis quelques années. Les drones du Polonais sont vivants, habités et restent généralement au second plan, par exemple derrière une rythmique sourde et mécanique, ou quelques scintillements métallisés sur Sound qui ouvre l’album, et qui le conclut dans une version remixée par AGF, piste bonus de la version digitale.

Derek Piotr emmêle des nappes douces, feutrées, incorporant certainement des voix et parsème le tout de petits bruitages, chocs, glitchs et crépitements pour finir par un ronronnement ambient, véritable drone sur la fin de Rivulet to Gulf. On a cité AGF, mais c’est avec Maja Ratkje que le Polonais a composé Lakes qui nous surprend par l’absence apparente de voix et son minimalisme puisque l’on trouve essentiellement ici une superposition de nappes et drones ondulants ponctués de quelques crépitements. A contrario, c’est un bruitage mécanique qui domine sur Wash, évoquant un système d’horlogerie ou un métronome alors qu’un souffle ambiant puis une nappe ne s’installe sur la 2ème moitié.
On se rend alors compte que Derek Piotr alterne entre les deux approches, avec de la même façon un Shallows qui met en avant les drones timides, ondulations de nappes sur un ensemble de bruitages parfois très dense : crépitements, entrechocs, frottements métalliques et coups de basse pour un résultat plutôt sombre. De l’autre côté, et en parallèle à Wash, Absolute Grey met en avant un ronronnement vibrionnant assez linéaire et assez long à bouger avant d’intégrer nappes et souffles sur la 2ème partie.

Comme on le disait, Drono n’est pas un album de drone classique, ni un véritable album ambient. Ses expérimentations le rende plus difficile à appréhender, donnant l’impression d’être composé de façon méticuleuse avec des éléments d’improvisation.

Fabrice ALLARD
le 12/03/2018

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