Balmorhea / Martyn Heyne

 date du concert

14/03/2018

 salle

Point Ephémère,
Paris

 tags

Balmorhea / Point Ephémère

 liens

Point Ephémère
Balmorhea

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Après n’avoir laissé passer aucune de leurs trois premières venues en région parisienne, nous ne nous étions pas rendus aux deux derniers concerts de Balmorhea, pas forcément emballés par les dernières productions des États-Uniens. Si Clear Language, publié à l’automne dernier, et pour lequel les Texans sont revenus à la formule du duo, ne nous a pas non plus trop convaincus, nous nous rendîmes néanmoins au Point Éphémère, confiants, ayant appris que le groupe s’y rendrait en sextet.

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Martyn Heyne

Les accompagnant sur toute leur tournée européenne, Martyn Heyne ouvrit les débats vers 20h30, seul avec sa guitare, ses pédales et ses machines. Éclairé par l’arrière, dans des effets qui découpèrent sa silhouette et celle de sa six-cordes, l’Allemand grattait cette dernière, ou bien en jouait en arpèges, pour constituer des instrumentaux ponctués de rythmiques pré-programmées. Dans un bel ensemble, qui évoquait à la fois un post-rock contemplatif ou bien une forme de voyage aérien, la bonne dose de réverbération mise sur sa guitare renforçait ces aspects et finissait de nous persuader qu’il s’agissait là d’une vraie découverte et d’une proposition très cohérente avec le set suivant.

Avec un album à défendre enregistré à deux musiciens seulement, mais la présence de quatre autres intervenants sur scène, Balmorhea s’adonnait à une forme de gageure. Ce défi ne fut qu’en partie remporté car, dans la continuité de Clear Language, donc, les États-Uniens livrèrent une prestation faisant la part belle à des morceaux proche de l’ambient (First Light) ou aux accents laid-back (le début de Jubi), aux tonalités pastel, manquant trop souvent de souffle ou d’ampleur. À preuve : la participation moindre de la batterie de Jeff Olson, la contrebasse de Sam Pankey difficilement perceptible, la guitare électrique de Rob Lowe qui tricotait un petit peu trop, etc… De même, quelques titres nous donnèrent l’impression de n’être là que pour assurer, entre deux pièces plus ambitieuses, un remplissage, anecdotique ou décoratif, à l’image du premier rappel dans lequel Lowe était en solo au clavier.

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Balmorhea

Au surplus, la manière dont la setlist était concoctée, avec des morceaux parfois trop courts, généra une frustration certaine au moment où on aurait apprécié que les compositions mises en place s’étirassent davantage. De longs changements d’instruments (l’une des caractéristiques de Balmorhea demeure cette polyvalence des musiciens) et des temps de réaccordages réguliers conduisirent à un concert d’une heure et demie, mais qui se trouvait trop centré sur une même couleur. Sous cet aspect, outre l’absence de Coahuila, on releva que Michael Muller n’opéra au banjo que sur un seul morceau, préférant sa guitare sur la très grande majorité de la prestation. Fort heureusement, plusieurs pièces permirent de retrouver le post-folk enlevé des Texans, quand la batterie et les cordes se déployaient pleinement. À ce titre, l’excellent Truth, posté en dernière position, fit office d’impeccable conclusion : construction complexe, dialogue entre piano et cordes (outre la contrebasse, le violoncelle de Nick Soberon et le violon de la fidèle Aisha Burns) et passages fiévreux.

François Bousquet
le 19/03/2018

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