Franck Vigroux

Rapport sur le Désordre

(DAC Records / Internet)

 date de sortie

19/09/2016

 genre

Electronique

 style

Ambient / Industriel / Musique Concrète

 appréciation

 tags

Ambient / DAC Records / Franck Vigroux / Industriel / Musique Concrète

 liens

Franck Vigroux
DAC Records

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On commence à bien cerner le travail de Franck Vigroux en live, avec un son plutôt dur, épais, jouant sur l’hypnotisme et généralement aidé en cela par l’accompagnement de visuels. On a encore pu l’apprécier récemment au Centre Pompidou ou en Belgique dans le cadre du More Music Festival. Par contre on se fait toujours surprendre par ses disques sur lesquels il mêle les genres avec habileté, créant des albums riches et variés, finalement plus faciles d’accès qu’on pourrait s’y attendre.

Et cette surprise apparaît dès le premier titre avec Sun et son mélange de nappes et grincements métalliques qui forment une ambient atypique, originale. Mieux encore, ce même titre se poursuit après une cassure par une sorte d’électro-pop minimale dont le chant robotique nous fait (encore) penser à Laurie Anderson. C’est en effet une référence que l’on avait déjà cité lors de notre chronique de Camera Police publié en 2010. Et puis on retrouve cette musique électronique brute, façon rythmic-noise à la Pan Sonic sur Simulacres à base de claquements rythmiques secs et de nappes crissantes.
Et au cas où on penserait que le musicien possède deux approches bien distinctes, l’écoute de Flesh nous remettra bien vite dans le droit chemin puisque ce morceau se révèle être fracturé avec une première partie brute et tendue, une deuxième partie plutôt abstraite qui progresse vers une belle ambient minimale pour finir, après une montée progressive, sur des crissements électroniques et arpèges de basses synthétiques.

Si l’on a tendance à associer le nom de Franck Vigroux avec cette électronique influencée par les musiques industrielles et si l’album trouve un très bel équilibre entre les différentes approches, ce sont en fait les incursions ambient qui nous séduisent plus particulièrement. On est sous le charme de ces Ruines qui mêlent field recordings, voix discrètes et intonations vintages qui nous rappellent un certain krautrock électronique. Très différent mais tout aussi envoûtant, Élastique nous semble être un titre imagé pour cet ensemble de nappes douces, feutrées qui croisent de multiples textures de souffles et grésillements électroniques. Ces ondulations de nappes donnent véritablement une impression d’étirement et de contraction du temps et c’est assez magique !
Pour les amateurs d’ambiances plus nerveuses, il y a Stadium et Icône qui sont, il faut bien le reconnaître, très réussis. Le premier doit beaucoup à son mélange de grincements et glissements de synthés nasillards, tandis que le second va un peu plus loin en proposant une mélodie plutôt accrocheuse à partir de ces mêmes sonorités agressives.

Avec un titre comme Aucun Lieu, on se doutait un peu que cette conclusion à l’album sortirait du cadre. On est ici sur une ambient abstraite, minimale et mystérieuse, basée sur un collage précis de résonances métalliques, crissements, grésillements, samples vocaux, basse et glitchs. Une sorte de musique concrète essentiellement basée sur des éléments électroniques.
Une très belle surprise donc que cet album !

Fabrice ALLARD
le 20/04/2018

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