Erik Honoré

Unrest

(Hubro / Outhere Distribution)

 date de sortie

13/04/2018

 genre

Jazz

 style

Minimal

 appréciation

 tags

Erik Honoré / Hubro / Minimal

 liens

Hubro

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Dans la continuité d’Heliographs, chroniqué sur ces pages il y a près de trois ans, Unrest permet à Erik Honoré de poursuivre son travail solo, qui n’en est pas véritablement un si on lit la liste des invités de cet album. Et, de fait, on est davantage dans une œuvre de producteur, ou de curateur, qui se trouve être le prolongement du Punkt Festival, organisé chaque année par le Norvégien et qui permet à de nombreux acteurs des scènes jazz et expérimentales de ce pays de se retrouver autour de la notion de sampling et dans des joutes improvisées.

Ici, donc, les cordes d’Ole-Henrik Moe et de Kari Rønnekleiv sont mises en regard du piano d’Honoré (Surge) ou du saxophone d’Espen Reinertsen (le morceau-titre), la voix de Sidsel Endresen apparaît sur trois morceaux et croise alors les percussions d’Ingar Zach (Abandoned Home), la tongue drum d’Erland Dahlen (Apparition) ou bien la trompette du formidable Eivind Lønning et la guitare électrique d’Eivind Aarset (Blinded Window). Précisément, la participation de certains apports comme la voix de la Norvégienne ou le cuivre de Reinertsen permet de ne pas verser dans des compositions trop cérébrales ou désincarnées ; dans le même temps, l’aspect minimaliste de l’écriture d’Honoré garantit l’absence de trop-plein ou la mise en présence d’une musique ampoulée, risques que la profusion d’invités pourraient laisser craindre.

Cette dimension minimaliste se marie également bien aux volontés plus expérimentales développées par Lønning (trompette détimbrée) et Aarset (notes de guitare tirées et lâchées) (Blinded Window) tandis que, lorsqu’Erik Honoré se trouve seul aux commandes, il opte pour une démarche plus électronique tout aussi intéressante (Procession qui, effectivement, avance lentement et se déploie progressivement). À force d’albums solos, ce dernier semble prendre encore plus confiance dans ses capacités puisqu’en fin de disque, il s’essaye au chant, dialoguant joliment avec la trompette, toujours aussi aérienne, d’Arve Henriksen (The Park). Là encore, approche chaleureuse, réconfort de l’auditeur et qualité des interventions sont au rendez-vous.

François Bousquet
le 20/05/2018

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