Bertrand Dezoteux : Harmonie

 date

du 05/04/2018 au 09/06/2018

 salle

Galerie Édouard-Manet,
Gennevilliers

 appréciation
 tags

Bertrand Dezoteux / Galerie Édouard-Manet

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Vu dans quelques expositions collectives depuis le début des années 2010, souvent cité comme figure importante parmi les vidéastes trentenaires, Bertrand Dezoteux avait déjà effectué plusieurs monstrations personnelles, mais non encore relatées sur ces pages. Avec Harmonie, il peut présenter trois court-métrages, dont un tout juste produit pour cette exposition à la Galerie Édouard-Manet de Gennevilliers. Centrale, cette proposition éclipse un peu les deux autres films, plus mineurs, qui complètent toutefois le (court) panorama et permettent de saisir les lignes de force du travail du Bayonnais d’origine.

C’est ainsi que son trait se maintient, à travers les années, dans un registre piochant dans la motion capture, entre ébauche de jeu vidéo et graphisme un peu psyché, soit un répertoire qui n’a pas forcément notre préférence mais assurément raccord avec ses sujets, allant souvent chercher dans l’exploration de mondes inconnus ou thématiques spécifiques (comme le surf) pour mieux dépeindre certains travers de notre présent. L’aspect science-fictionnel et exploratoire de ses œuvres est, de toute façon, pleinement assumé comme en témoigne la documentation disposée au début du parcours : Aldebaran et Bételgeuse au rayon BD, Robinson Crusoé et Vendredi ou les Limbes du Pacifique côté romans.

Dans le film-titre, long de vingt minutes, un Jésus hippie est envoyé par les humains à la découverte d’une planète lointaine, il y trouve animaux chimériques qui ne savent que répondre par « oui » ou par « non », en chantant. Tentant une approche pacifique, il est toutefois télétransporté sur un ilot isolé, scruté comme une bête de foire par les autochtones. La réflexion politique n’est donc jamais loin chez Dezoteux : l’explorateur qui se fait capturer, l’homme placé, par des animaux, en captivité comme dans un zoo ou bien, dans Super-règne, un personnage obèse qui s’impatiente pendant que son livreur Deliveroo peine sur son vélo. Mais ce qu’on retiendra aussi, c’est l’humour aussi bien visuel (les animaux sont vraiment chimériques, constitués de plusieurs parties de corps humains assemblées dans le désordre) que dans les situations (le Jésus hippie apporte aux autochtones des présents censément représentatifs de la Terre : Kir royal, Banofee, 4G, Bisphénol A, 150 grammes de plaisir, Doodle…) ou les dialogues (« Vous connaissez Thomas Pesquet ? » leur pose-t-il rapidement comme question puis, plus tard, « Disposez-vous de l’assurance-maladie ? »).

François Bousquet
le 16/05/2018

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