Festival Villette Sonique 2018 : Mogwai / Jon Hopkins

 date du concert

25/05/2018

 salle

Grande Halle de la Villette,
Paris

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Festival Villette Sonique 2018 / Grande Halle de la Villette / Jon Hopkins / Mogwai

 liens

Grande Halle de la Villette

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De nombreuses interrogations étaient nées en amont de cette treizième édition de Villette Sonique, en raison du départ de son programmateur historique. Pour autant, la manifestation parisienne put proposer une affiche tout à fait convenable, dans la lignée de celles des années précédentes, et au cours de laquelle nous jetâmes notre dévolu sur un soir à la Grande Halle et un après-midi dans le Parc.

Pour débuter la soirée d’ouverture du festival, James Holden & The Animal Spirits avait pris place sur la large scène intérieure avec ce projet où le Londonien s’est entouré de musiciens jazz et world pour proposer une psyché-pop à l’esthétique ouvertement 70’s : foulards pendus aux pieds de micro, robe à fleurs d’une instrumentiste, vidéos avec effets de solarisation et de démultiplication des silhouettes, etc… Musicalement, il en était de même avec un jeu sur la répétition des mêmes mesures de synthé pendant que batterie, percussions et cuivres ou vents (trompette, saxophone, clarinette, piccolo) improvisent en de longs instrumentaux, destinés à installer une forme de transe. Le problème de la répétition, c’est que cela finit par se répéter et que les morceaux finirent par manquer cruellement de variations.

Alors que le groupe passe environ une fois par an à Paris, cela faisait une douzaine d’années que ces pages n’avaient pas relaté de concert de Mogwai. Il faut dire qu’une forme de lassitude avait fini par apparaître à l’égard des Écossais, dont le savoir-faire n’est pas en cause mais qui ne nous attirent plus forcément autant qu’avant. Néanmoins, la formation demeure un solide représentant post-rock et ce concert en fut un nouvel exemple. Pourtant, le mix, sur les trois premiers morceaux, laissait plus qu’à désirer, noyant les guitares sous les synthés de Barry Burns et les frappes martiales de batterie de Cat Myers ; plus encore, la voix de Stuart Braithwaite, déjà affublée de vocoder sur Party In The Dark, était comme doublée, et donc dégoulinante voire inaudible.

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Mogwai

Rétabli par la suite, l’équilibre entre instruments permit aux déferlements sonores habituels des Écossais de se mettre en place, comme sur Mogwai Fear Satan et sa grosse décharge de saturation, joué en avant-dernière position. Au-delà de ce registre, on constata une nouvelle fois une certaine préférence pour les morceaux débutant avec un arpège de guitare exécuté par Braithwaite ou Alex MacKay puis accueillant les autres instruments (dont la basse d’un Dominic Aitchison à la barbe fournie) par empilement, tels Hunted by a Freak, Crossing the Road Material ou New Paths to Helicon, Pt. 1. En revanche, les essais de batterie électronique nous convainquirent moins, au sein d’un set où l’absence de classiques comme 2 Rights Make 1 Wrong ou Cody fut d’autant plus regrettée que Mogwai les avait encore interprétés tout récemment.

Sur le plan lumineux, toutes les rampes de spots étaient mises à contribution, aussi bien celles accrochées aux cintres que celles en fond de scène éclairant le public. Quatre grands écrans, divisés chacun en six larges rayures horizontales, étaient, en outre, placés derrière les musiciens, afin de faire défiler des bandes de lumière. Passant du bleuté au rougeoyant, via des flashes blancs, les éclairages rajoutaient une dimension encore plus spectaculaire, voire un peu grandiloquente, à une prestation qui, festival oblige, s’arrêta au bout de soixante-dix minutes, sans rappel.

Déjà venu à cette même Villette Sonique, et dans cette même Grande Halle, en 2014, Jon Hopkins y revenait, mais positionné en fin de plateau, place probablement plus idoine pour son electronica/techno. Derrière ses machines, un sourire au visage, l’Anglais livra un set très efficace, marqué par un schéma assez identique d’un titre à l’autre : introduction arythmique puis entrée des pulsations souvenues, accompagnées du développement de légères mélodies. Dans un tel contexte, on put regretter que le Britannique s’interrompît entre chaque morceau, cassant son continuum et empêchant, en partie, de totalement s’abandonner.

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Jon Hopkins

En fond de scène, un immense écran recevait des vidéos de traditionnelles formes géométriques mouvantes ou bien d’anime moins communs. En parallèle, de gros spots situés en front de scène diffusaient des jeux de lumière. Sur un titre, deux jeunes femmes vinrent réaliser une chorégraphie armées d’accessoires entre le bâton lumineux de fête foraine et le sabre laser, changeant de couleur avec la musique et s’éclairant progressivement. Conférant une nouvelle dimension visuelle, cette contribution était malheureusement utilisée en même temps que les deux autres apports précités, conduisant à la présence simultanée de trop de sources, se parasitant l’une l’autre.

François Bousquet
le 28/05/2018

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